France-Confusion et indignation autour de la mort d'un bébé Rom

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PARIS, 4 janvier (Reuters) - Le refus présumé du maire d'une commune d'Ile-de-France d'inhumer un bébé Rom décédé le 26 décembre, initiative que l'intéressé a formellement démentie dimanche, est dénoncé par Manuel Valls comme "une injure à ce qu'est la France". Christian Leclerc, maire divers droite de Champlan (Essonne), à une quinzaine de kilomètres au sud-ouest de Paris, a nié dans plusieurs médias avoir refusé à une famille Rom installée dans un campement précaire de la commune depuis plus d'un an le permis d'inhumer leur fille de deux mois et demi. L'information a été publiée samedi par Le Parisien dans lequel l'élu soulignait l'absence de places disponibles dans le cimetière local. "Les concessions sont accordées à un prix symbolique et l'entretien coûte cher, alors priorité est donnée à ceux qui paient leurs impôts locaux", expliquait-il. Dimanche, Christian Leclerc a démenti cette version des faits alors que les réactions du monde politique, à gauche comme à droite, et des associations se multipliaient dans les médias et sur les réseaux sociaux. Après la secrétaire d'Etat à la Famille, Laurence Neuville, qui s'est émue samedi d'"une inhumaine humiliation", c'est le Premier ministre qui est intervenu à son tour sur Twitter : "Refuser la sépulture à un enfant en raison de son origine : une injure à sa mémoire, une injure à ce qu'est la France". "La commune de Champlan, et son maire en particulier, ne se sont jamais opposés à l'inhumation de cette enfant sur la commune. C'est un malheureux enchaînement de faits", a témoigné sur BFM TV Christian Leclerc, en vacances au moment des faits. "J'aimerais bien que cette mascarade et cette mayonnaise qui est en train de monter dans les médias et dans les réseaux sociaux cessent tout de suite, parce que sinon j'attaquerai sur le plan de la diffamation", a-t-il ajouté. Pour Loïc Gandais, président de l'Association de solidarité en Essonne avec les familles roumaines et roms (Asefrr), qui s'occupe notamment de la famille de la défunte, "c'est parole contre parole". "On ne va pas rentrer dans un jeu polémique et médiatique. (...) On s'en remet à la sagesse de M. Toubon pour faire toute la lumière là-dessus", a-t-il dit sur BFM TV. Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, s'est dit dimanche sur France Inter "bouleversé" par cette situation tout en soulignant qu'il devait "avoir toutes les informations pour juger". Maria Francesca, née le 14 octobre et décédée dans la nuit du 25 au 26 décembre à l'hôpital de Corbeil-Essonnes, sera inhumée lundi à Wissous, une commune proche de Champlan. Son décès serait imputable à la mort subite du nourrisson. (Sophie Louet)

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