France-Confirmation des peines requise au procès en appel de PIP

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    AIX-EN-PROVENCE, 24 novembre (Reuters) - L'avocat général a 
requis mercredi en appel la confirmation des peines prononcées 
en première instance à l'encontre de cinq ex-cadres de la 
société française PIP, au coeur d'un scandale mondial d'implants 
mammaires défectueux. 
    "J'ai bien conscience que ces condamnations ne paraissent 
pas assez sévères aux yeux des victimes", a dit Pierre-Jean 
Gaury, qui a évoqué de trop nombreuses "vies de femmes gâchées". 
    Mais le magistrat a explicitement réclamé que la peine 
d'emprisonnement visant Jean-Claude Mas, soit "mise à exécution 
dans les meilleurs délais". 
    Le fondateur de Poly Implant Prothèse comparaît libre après 
sa condamnation à quatre ans de prison ferme et à une amende de 
75.000 euros par le tribunal correctionnel de Marseille en 2013. 
    Agé de 76 ans, il a de nouveau été décrit comme la figure 
centrale à l'origine de la vaste fraude perpétrée dans la 
fabrication des prothèses mammaires remplies d'un "gel maison 
PIP" à la place du gel homologué. 
    "C'est Mas qui dirigeait tout le monde", a dit Pierre-Jean 
Gaury. Mais l'avocat général n'a pas épargné les autres cadres 
de la société de la Seyne-sur-Mer (Var), dont le comportement a 
entraîné un "risque pour la santé des victimes par l'utilisation 
de matières non conformes et non testées". 
    Aux côtés de Jean-Claude Mas, qui a reconnu la tromperie 
mais nie toujours la dangerosité du gel PIP, les quatre 
ex-cadres de l'entreprise varoise répondent eux aussi de faits 
de tromperie sur une marchandise entraînant un danger pour la 
santé et d'escroquerie, des faits pour lesquels ils ont été 
condamnés en première instance à des peines de prison ferme ou 
avec sursis. 
    L'avocat général a demandé la confirmation de ces peines à 
l'exception d'une aggravation de celle de Jean-Claude Couty, le 
président du directoire, à l'encontre duquel il a requis quatre 
ans de prion, dont une partie avec sursis, et 50.000 euros 
d'amende. Trois ans, dont deux avec sursis et 30.000 euros 
d'amende, avaient été requis en première instance. 
    Selon le dernier bilan officiel de l'Agence nationale de 
sécurité du médicament (ANSM), en juillet 2015, 18.402 femmes 
sur 30.000 porteuses en France ont choisi de se faire retirer 
leurs implants PIP, soit à la suite d'un dysfonctionnement, soit 
à titre préventif. 
    Au total, 8.524 dysfonctionnements et 5.650 effets 
indésirables ont été déclarés à l'organisme de santé. Les cas de 
rupture de prothèse représentent 67,1 % des dysfonctionnements 
ayant entraîné une explantation.  
 
 (Jean-François Rosnoblet, édité par Yves Clarisse) 
 
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