France-CGT et FO présentes à l'ultime session sur les retraites

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PARIS, 30 octobre (Reuters) - CGT et Force ouvrière ont envoyé vendredi des délégations à la réunion finale sur les retraites complémentaires des salariés du privé, avec l'intention de combattre jusqu'au bout un accord que seules la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC ont décidé de signer. L'objet de cette session était de peaufiner la mise en forme juridique de l'accord de principe conclu le 16 octobre par ces trois syndicats réformistes et les organisations patronales, qui prévoit un système de bonus-malus pour inciter les salariés à repousser d'un an leur départ à la retraite. ID:nL8N12G37W A leur arrivée au siège du Medef, les négociateurs CFDT, CFTC et CFE-CGC ont jugé conforme pour l'essentiel au compromis du 16 octobre le texte envoyé cette semaine aux syndicats par la partie patronale mais souhaité en clarifier certains passages. L'article 9, notamment, prévoit de mettre à contribution les indemnités versées aux seniors en cas de rupture conventionnelle du contrat de travail pour financer les caisses de retraite Arrco et Agirc, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Les syndicats signataires, demandeurs de cette disposition, jugent sa formulation ambiguë et souhaitent sa réécriture. Ils veulent aussi que soient mieux précisées les conditions permettant d'exonérer environ 30% des retraités de l'abattement provisoire de 10% sur les pensions complémentaires, mis en place pour inciter les salariés à travailler un an de plus. "LE COMBAT CONTINUE", DIT LA CGT Les négociateurs de la CGT et de FO ont pour leur part campé sur leur opposition à un accord qu'ils jugent trop pénalisant pour les salariés et les retraités du secteur privé. "Nous allons encore une fois combattre des propositions qui visent à travailler plus longtemps et à baisser le niveau des retraites complémentaires", a ainsi déclaré Eric Aubin, de la CGT. "Le combat continue. Il ne faut pas croire que la CGT va baisser la tête, même si l'accord est signé." "Nous avons pu vérifier, depuis le 16 octobre, le niveau de mécontentement des salariés, des retraités et particulièrement des femmes, qui ont compris qu'elles allaient être les grandes perdantes", a-t-il ajouté. La négociatrice de la CFTC a admis qu'il y avait chez les salariés des "interrogations" et des "demandes d'explication". "Il est faux, par exemple, de dire que les femmes sont pénalisées", a dit à Reuters Pascale Coton. "Il va falloir qu'on fasse un vrai programme d'explication." Elle n'en a pas moins défendu vigoureusement le compromis du 16 octobre en estimant que les partenaires sociaux n'avaient pas d'autre choix pour rééquilibrer des caisses menacées de voir leurs réserves s'épuiser pour cause de déficits répétés. Les salariés remplissant les conditions du départ à la retraite à taux plein et refusant de travailler une année de plus subiront certes pendant trois ans un manque à gagner évalué 39 à 50 euros par mois pour une pension de 1.300 à 1.600 euros, a expliqué la négociatrice de la CFTC. "Mais si on ne faisait rien, en 2019, les cadres avaient tous -11% à vie sur leur retraite et pour les non-cadres c'était -11% à vie à partir de 2023", a-t-elle fait valoir. (Emmanuel Jarry)

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