France-CFDT et CGT menacent d'une riposte contre la loi Khomri

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    * L'accueil de la CFDT "négatif" 
    * La CGT parle d'un "besoin d'une réaction forte et 
unitaire" 
    * L'Unef dresse le parallèle avec le CPE en 2006 
 
    PARIS, 19 février (Reuters) - Les syndicats français 
réfléchissent à une action commune pour obtenir une refonte en 
profondeur, voire le retrait, du projet de réforme 
gouvernemental du droit du travail. 
    Le texte que doit présenter Myriam El Khomri lors du conseil 
des ministres du 9 mars prévoit, dans sa version actuelle, 
d'assouplir le Code du travail en élargissant le champ de la 
négociation collective. 
    Syndicats, de Force ouvrière à la CFTC, parlementaires de 
gauche, de même que le premier secrétaire du Parti socialiste 
Jean-Christophe Cambadélis, ont fait part de leur scepticisme et 
pour certains de leur irritation devant ce projet.   
    "Cet avant-projet est très déséquilibré entre la flexibilité 
et la sécurité. Il apporte de mauvaises réponses à des 
revendications patronales, en faisant la part trop belle à une 
vision un peu dogmatique de la flexibilité", dénonce le 
secrétaire général de la CFDT dans un entretien publié vendredi 
dans le Monde. 
    "L'accueil de la CFDT est négatif", insiste Laurent Berger, 
qui réfléchit à une riposte. 
    "La CFDT se donnera les moyens de faire évoluer ce texte et 
on verra avec d'autres organisations syndicales si on peut 
s'exprimer et agir en commun", ajoute-t-il, tout en disant son 
attachement au principe de la négociation contenu dans le texte. 
    Réaffirmant son hostilité à un projet qui prépare selon elle 
"un recul historique des droits pour les salariés", la CGT 
évoque elle aussi une possible contre-offensive. 
    "Il y a besoin d'une réaction forte et unitaire du monde du 
travail, salariés, précaires, privés d'emplois", peut-on lire 
dans un communiqué de l'organisation. "La CGT s'engage à 
travailler à cela de manière urgente." 
     
    "CAMPAGNE DANS LES UNIVERSITÉS" 
    Le syndicat étudiant Unef, à la pointe du mouvement contre 
le Contrat première embauche (CPE) en 2006, a quant à lui dressé 
un parallèle avec ce projet finalement abandonné par le 
gouvernement de Dominique de Villepin. 
    "L'Unef propose (...) aux jeunes de fêter les 10 ans du CPE 
à leur façon. Le syndicat étudiant lancera dès la semaine 
prochaine une campagne dans les universités contre la loi El 
Khomri", est-il écrit dans un communiqué de l'organisation. 
    "Et (l'Unef) appelle les jeunes à manifester à l'occasion de 
la prochaine journée de mobilisation qui sera fixée par 
l'intersyndicale", peut-on également lire.     
    Jeudi, Joseph Thouvenel vice-président de la CFTC, avait 
jugé le projet "très dangereux" pour les salariés et Franck 
Mikula, secrétaire national de la CFE-CGC, s'était dit "très en 
colère".  
    La mouture actuelle confirme la durée légale de 35 heures de 
travail par semaine, mais presque tout le reste est ouvert à la 
négociation, y compris la rémunération des heures 
supplémentaires, voire laissé à la discrétion de l'employeur 
dans certains cas, en l'absence d'accord.  
    Elle assouplit aussi l'établissement de forfaits annuels 
individuels en jours ou en heures et étend cette possibilité aux 
entreprises de moins de 50 salariés, non couvertes par un accord 
collectif, dans la limite de 235 jours travaillés. 
    "Le renvoi à la négociation sociale n'est en aucun cas un 
recul des droits des salariés", a déclaré Myriam El Khomri dans 
une interview parue jeudi dans les Echos.   
 
 (Simon Carraud, édité par Sophie Louet) 
 
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  • dotcom1 il y a 10 mois

    Le chômage est leur fonds de commerce, ils ne le laisseront pas baisser sans se battre.

  • aperalma il y a 10 mois

    Les syndicats encore plus conservateurs que les conservateurs les plus ultra

  • oban07 il y a 10 mois

    les clowns se reveillent