France-Cazeneuve toujours attaqué pour le mort de Sivens

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* Les gendarmes ont eu immédiatement conscience des faits * Il y avait des doutes sur la cause de la mort-Cazeneuve * Des associations vont créer une commission d'enquête (Actualisé avec associations, détails) PARIS, 13 novembre (Reuters) - Bernard Cazeneuve s'est défendu jeudi d'avoir caché pendant 48 heures qu'une grenade offensive avait tué le militant écologiste Rémi Fraisse, mais défenseurs de l'environnement et des droits de l'homme ne relâchent pas la pression. La Ligue des droits de l'homme, France nature environnement et l'un des avocats de sa famille, notamment, annonceront ainsi vendredi la création d'une commission nationale d'enquête sur les conditions de la mort du jeune homme. Des députés d'Europe Ecologie-Les Verts ont estimé mercredi qu'il appartenait à l'exécutif de voir "quelles conséquences politiques ils tirent des manquements extrêmement graves" du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. Selon des informations du Monde et de Mediapart, qui ont eu accès à l'enregistrement des conversations des gendarmes présents sur le site du barrage de Sivens (Tarn) dans la nuit du 25 au 26 octobre, les militaires ont eu très vite conscience qu'une grenade avait tué Rémi Fraisse. "Il est décédé, le mec... Là, c'est vachement grave Faut pas qu'ils le sachent", dit l'un d'eux, la dernière phrase visant, selon le service de communication de la gendarmerie cité par le Monde, les manifestants. Le directeur de la gendarmerie, le général Denis Favier, avait déjà précisé dans plusieurs médias avoir alerté le parquet à deux heures du matin, soit vingt minutes après les faits, précisant que l'auteur du tir mortel avait été immédiatement identifié et entendu. La mort de Rémi Fraisse a suscité une vague d'émotion dans tout le pays et a donné lieu à des manifestations contre les violences policières qui ont parfois dégénéré. La famille du jeune militant en a appelé à François Hollande, qui a promis de faire toute la lumière sur l'action des forces de l'ordre. Elle a demandé par la voix de son avocat, Arié Alimi, pourquoi "le préfet du Tarn a appelé à une extrême sévérité à l'égard des manifestants du barrage de Sivens" et pourquoi "des militaires en si grand nombre et surarmés étaient présents en face du rassemblement pacifique auquel Rémi participait". "LA GENDARMERIE DOUTAIT" Sur la défensive, Bernard Cazeneuve a affirmé avoir donné au contraire des consignes de modération. "J'ai donné des instructions contraires", a-t-il répété mercredi à l'Assemblée. Un dirigeant socialiste cité jeudi par Libération estime que ces consignes de fermeté ont pu être données par le Premier ministre Manuel Valls. Bernard Cazeneuve a assuré jeudi sur France inter que les enregistrements de l'opération effectués par les gendarmes "n'ont jamais été portés" à sa connaissance, mais "à la connaissance de ceux qui font l'enquête", c'est-à-dire à l'autorité judiciaire. Il ajoute n'avoir appris que "dans la matinée de dimanche qu'il y avait eu un mort à Sivens", "de mon cabinet, mais également du directeur général de la gendarmerie" et ne pas avoir été informé de la cause exacte de la mort. Selon le ministre, le général Denis Favier lui a donné les informations suivantes : "La mort de Rémi Fraisse, ensuite le fait qu'une grenade offensive avait été lancée, mais que la gendarmerie considérait qu'elle n'était pas à l'origine de la mort pour des raisons qui tiennent au fait qu'aucune grenade offensive n'a occasionné la mort de manifestants au cours des dernières années." Bernard Cazeneuve a réaffirmé avoir pour règle de ne pas communiquer avant la justice. "Lorsque j'apprends cet événement, je ne souhaite qu'une chose, c'est que la justice qui est déjà saisie de cette affaire communique. Elle ne le fait pas", assure-t-il. (Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)

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