France-Cazeneuve réticent à fournir aux maires une liste des fichés S

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    Paris, 9 octobre (Reuters) - Fournir aux maires le nom des 
personnes fichées S présentes dans leur commune comme le 
réclament plusieurs édiles est juridiquement impossible et 
pourrait s'avérer contre-productif, souligne Bernard Cazeneuve 
dans le Journal du Dimanche.  
    Quelque 20.000 personnes soupçonnées de constituer une 
menace à la sécurité de l'Etat font en France l'objet d'une 
fiche S, dont 10.500 pour des raisons liées à une radicalisation 
islamiste, selon les chiffres officiels fournis fin 2015. 
    "Les élus sont légitimes à demander une meilleure 
information sur le phénomène de radicalisation dans le respect 
scrupuleux du droit", estime le ministre de l'Intérieur dans les 
colonnes du JDD.   
    Les individus fichés S sont "surveillés et non judiciarisés, 
ce qui indique que leur dangerosité n'est pas avérée", 
souligne-t-il. En outre, "la communication d'une fiche S est 
impossible pour des raisons réglementaires, en vertu d'un décret 
du 28mai 2010. Cette impossibilité juridique, qui protège la 
confidentialité de ce genre d'information, protège leur 
existence même." 
    Cette confidentialité est la condition de l'aboutissement 
des enquêtes, souligne Bernard Cazeneuve. "Si nous avons arrêté 
355 personnes (en lien avec des réseaux terroristes depuis le 
début de l'année-NDLR), c'est parce que les policiers ont pu 
travailler en toute confidentialité avec efficacité".  
    Le débat sur cette question avait été alimenté en septembre 
par le maire Les Républicains d'Evreux, Guy Lefrand, qui avait 
tenté - en vain - d'obtenir auprès du préfet la liste de 
personnes soupçonnées de radicalisation résidant sur sa commune. 
   
    Plusieurs édiles ont joint depuis leur voix à la sienne et 
selon Le Figaro, des responsables de l'Association des maires de 
France (AMF) devraient rencontrer Bernard Cazeneuve la semaine 
prochaine à ce sujet.  
    "Nous devons trouver un dispositif qui permette d'associer 
les maires au processus de prévention et de déradicalisation et 
qui n'obère pas l'efficacité des services de renseignement - ce 
que les élus, dans leur immense majorité, comprennent très 
bien", souligne le ministre de l'Intérieur dans le JDD. 
 
 (Marine Pennetier) 
 
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