France-Cazeneuve réservé sur une refonte du renseignement

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    PARIS, 6 juillet (Reuters) - Le ministre de l'Intérieur, 
Bernard Cazeneuve, s'est montré réservé mercredi sur les 
principales propositions de la commission d'enquête 
parlementaire visant à pallier notamment les failles du 
renseignement français et européen.   
    Au terme de cinq mois d'enquête, la mission suggère 
notamment une refonte du renseignement territorial et la 
création, en France, d'une agence nationale de lutte 
antiterroriste, sur le modèle américain.   
    Cette agence, dépendante du Premier ministre ou du 
président, s'appuierait sur une base de données commune à tous 
les services et serait dirigée par un directeur général du 
renseignement. 
    Lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale, 
Bernard Cazeneuve a proposé de rencontrer le rapporteur 
socialiste de la commission d'enquête, Sébastien Pietrasanta, et 
Georges Fenech, son président Les Républicains, pour voir les 
"suites utiles" à donner à leur rapport. 
    Mais il a ironisé sur le fait qu'il existait déjà un 
coordonnateur national du renseignement basé à l'Elysée - un 
poste créé en 2008 - et sur le "plum pudding" que risquerait 
d'engendrer la création d'une agence supplémentaire.  
    "Dès lors que nous serons en situation d'établir en quoi un 
directeur général (du renseignement) apporterait plus qu'un 
coordonnateur, nous pourrons évoquer cette question ensemble", 
a-t-il dit. 
    "Quant à l'agence nationale, si elle devait être un guichet 
de plus - or vous constatez qu'il y en a déjà trop - nous 
serions en situation où nous aurions transformé le millefeuille 
que vous regrettez en plum pudding. Ce n'est pas l'objectif du 
gouvernement", a-t-il ajouté.  
    Niant toute faille du renseignement du côté français, il a 
rappelé avoir créé un état-major opérationnel de prévention du 
terrorisme, rattaché à son cabinet. 
    Il a également affirmé avoir déjà renforcé le renseignement 
territorial en créant 1.500 emplois depuis plus d'un an et en 
augmentant les crédits de fonctionnement de 236 millions 
d'euros. 
    Près de huit mois après les attentats du 13 novembre, la 
commission d'enquête parlementaire a conclu qu'il n'y a pas eu 
de "gros raté" dans la gestion des attaques en elles-mêmes, mais 
que celles-ci traduisent un "échec global du renseignement". 
 
 (Gérard Bon, édité par Yves Clarisse) 
 
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