France-Cazeneuve reprend Macron sur la situation à Calais

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    PARIS, 4 mars (Reuters) - Bernard Cazeneuve a tempéré 
vendredi les propos d'Emmanuel Macron au sujet des conséquences 
d'une éventuelle sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne sur 
la situation à Calais et appelé à éviter les déclarations 
intempestives. 
    Le ministre de l'Intérieur a réagi à l'affirmation de son 
collègue au gouvernement, selon qui un "Brexit" pourrait 
entraîner l'ouverture de la frontière française aux migrants 
désireux de rejoindre le Royaume-Uni.   
    "Sur ce sujet-là, ce ne sont pas des déclarations qui font 
le buzz dont on a besoin, c'est d'une action dans la durée, 
(...) une action persévérante qui donne des résultats", a dit 
vendredi Bernard Cazeneuve sur BFM TV et RMC Info. 
    "Le sens de mon propos, c'est que ces sujets sont d'une 
extraordinaire complexité, que sur les sujets compliqués il faut 
travailler beaucoup et parler peu", a insisté le ministre de 
l'Intérieur, soulignant qu'Emmanuel Macron n'était pas 
responsable de ce dossier. 
    D'après Bernard Cazeneuve, il n'est pas envisageable de 
délivrer un laissez-passer aux près de 4.000 migrants 
aujourd'hui installés à Calais (Pas-de-Calais) dans l'espoir de 
traverser la Manche. 
    "Les Anglais, qui sont maîtres de leur propre frontière, 
peuvent la bloquer au moment de l'arrivée des migrants en 
Grande-Bretagne. Ils sont à ce moment-là reconduits en France et 
j'aurais alimenté un flux et augmenté un stock et aggravé un 
problème humanitaire", a-t-il dit. 
    Jeudi, François Hollande et David Cameron ont tenu un sommet 
franco-britannique à Amiens, durant lequel ils ont évoqué la 
question migratoire et en particulier le cas des mineurs isolés 
du camp de Calais.  
    Le président français a déclaré que ces mineurs devaient 
pouvoir gagner le Royaume-Uni lorsqu'ils y ont de la famille, 
une position réaffirmée par Bernard Cazeneuve. 
    Interrogé par le Financial Times sur un possible Brexit à 
l'issue du référendum prévu en juin, Emmanuel Macron avait 
alerté sur les conséquences possibles d'un tel scénario.      
    "Le jour où cette relation se terminera, les migrants ne 
seront plus à Calais", avait-il prévenu dans cet entretien 
publié jeudi. 
 
 (Simon Carraud, édité par Yves Clarisse) 
 
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