France-Cazeneuve rejette tout moratoire sur les flash-balls

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PARIS, 22 juillet (Reuters) - Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, s'est opposé mercredi à l'instauration d'un moratoire sur les flash-balls, demandé par le Défenseur des droits après qu'un adolescent de 14 ans a été blessé la semaine dernière dans le Val-d'Oise. Jacques Toubon s'était saisi d'office après l'incident survenu dans la nuit du 13 au 14 juillet à Argenteuil et qui vu l'adolescent blessé aux testicules par un tir de flash-ball, une arme qui projette des balles en caoutchouc. Dans un avis daté du 16 juillet sur l'usage des armes dites "de force intermédiaire", le Défenseur des droits souligne qu'il "est toujours saisi de blessures graves ou d'infirmité permanente suite à l'usage de ces armes". Il déclare que les instructions d'emploi transmises aux forces de l'ordre, après une révision à l'automne 2014, ne "paraissent pas à même de prévenir le renouvellement de certains manquements à la déontologie". Il recommande donc l'interdiction de l'utilisation des flash-balls lors des manifestations et, en attendant qu'une décision soit prise, "un moratoire général sur l'usage cette arme" dont il rappelle "l'imprécision". Le ministre de l'Intérieur répond mercredi que ses services répondront "dans le délai légal de deux mois" à la première des deux recommandations mais rejette en bloc la seconde. "Un moratoire sur les armes intermédiaires serait contre-productif et pourrait avoir des conséquences dangereuses : nous ne pouvons pas, en effet, nous permettre de désarmer nos forces de l'ordre", dit-il dans une déclaration transmise à la presse. "L'équipement des forces de l'ordre en armes de force intermédiaire répond à une double préoccupation : assurer la protection des policiers et gendarmes exposés à des agressions de plus en plus violentes, tout en limitant le recours à des armes à feu qui doit rester extrêmement rare et n'intervenir que dans les cas et les circonstances les plus graves." L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) s'interroge depuis plusieurs années sur l'usage du flash-ball, introduit en 1995. Dans son rapport d'activité 2014, l'IGPN jugeait cette arme "obsolète" après avoir déploré l'année précédente des incidents fréquents avec des blessures graves de manifestants, notamment lors des manifestations autour du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Le ministère avait alors revu les conditions et instructions sur leur utilisation. (Gregory Blachier, édité par Yves Clarisse)

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