France-Cazeneuve défend l'évacuation de la "jungle" de Calais

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    * Cazeneuve souhaite éviter des violences 
    * Un référé contre l'arrêté d'expulsion examiné mardi 
    * Gallois réclame que l'Etat y associe les ONG 
 
    PARIS, 22 février (Reuters) - Le ministre de l'Intérieur, 
Bernard Cazeneuve, a défendu le caractère "humanitaire" de 
l'évacuation des migrants d'une partie de la "jungle" de Calais 
prévue mercredi face aux critiques des associations, qui 
réclament son report. 
    "L'État n'a jamais déployé autant d'efforts humanitaires 
pour améliorer la situation à Calais", déclare-t-il dans une 
interview publiée lundi dans La Voix du Nord. 
    "Le recours à la contrainte n'est pas l'option que nous 
souhaitons privilégier. Il s'agit d'une opération humanitaire où 
nous proposons des solutions à tous. Le nombre de places 
offertes pour mettre à l'abri les migrants est suffisant pour 
accueillir tout le monde", ajoute-t-il. 
    Le tribunal administratif de Lille doit examiner mardi un 
référé déposé par plusieurs associations contre l'arrêté 
d'expulsion, qui vise la partie sud de la "jungle", un 
bidonville de la périphérie de Calais où se massent des milliers 
de migrants en quête d'un passage vers la Grande-Bretagne . 
    Elles affirment que l'opération a été décidée sans proposer 
des solutions alternatives suffisantes, estimant notamment que 
le nombre de migrants concernés, de l'ordre d'un millier selon 
l'Etat, est en réalité plus de trois fois plus élevé. 
    Sur France Inter, Louis Gallois, qui préside la Fédération 
nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale, 
a réclamé que l'Etat y associe les organisations humanitaires. 
    "Nous ne sommes pas contre le fait que l'on réduise le 
nombre de personnes qui vivent sur la lande dans des conditions 
inacceptables, nous souhaitons simplement que cela se fasse dans 
l'ordre et dans des conditions dignes qui offrent aux personnes 
concernées un avenir", a-t-il dit. 
    "Ceci n'est possible que si ça se fait en coordination avec 
des associations qui sont quotidiennement au contact de ces 
populations. Ce n'est pas le cas aujourd'hui", a-t-il ajouté en 
demandant la création d'un "comité de pilotage entre l'Etat et 
les associations pour faire ça dans l'ordre". 
     
    UN CAMP MOINS PEUPLE 
    Pour Louis Gallois, "ça prendra du temps et ça ne peut pas 
se faire d'ici mercredi". 
    Le risque, selon lui, est de "retrouver une partie de ces 
personnes dans les camps qui sont au nord de Calais jusqu'à la 
frontière belge et, maintenant vous le savez, en Belgique". 
    Environ 4.000 migrants, d'après les associations, sont 
aujourd'hui présents à Calais. Ils étaient encore quelque 6.000 
en décembre dernier. 
    La préfecture du Pas-de-Calais souhaite à terme réduire le 
nombre de migrants à environ 2.000, 1.500 dans le camp aux 
normes humanitaires et 500 dans le centre d'accueil de nuit pour 
les femmes et les enfants. 
    Bernard Cazeneuve a d'autre part réagi aux déclarations du 
Premier ministre britannique David Cameron, qui a brandi la 
menace d'un arrêt des contrôles d'immigration côté français si 
les électeurs britanniques votaient en faveur d'une sortie de 
l'Union européenne. 
    La renégociation des accords franco-britanniques du Touquet, 
qui ont établi ces contrôles, "n'est pas à l'ordre du jour", 
dit-il à La Voix du Nord, alors que c'est une demande des 
autorités régionales présidées par Xavier Bertrand (LR). 
    "Repousser la frontière de l'autre côté de la Manche 
n'empêcherait en rien la formation d'un campement de ce côté-ci 
de la Manche (...) Par ailleurs, les Britanniques, qui ne sont 
pas dans l'espace Schengen pourraient aisément refouler à leur 
frontière ceux qui voudraient la traverser". 
 
 (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse) 
 
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