France-Cazeneuve défend l'état d'urgence, des mosquées fermées

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    * 2.235 perquisitions administratives, 334 armes saisies 
    * Quatre mosquées fermées depuis la semaine dernière 
 
    PARIS, 2 décembre (Reuters) - Le ministre de l'Intérieur, 
Bernard Cazeneuve, a défendu mercredi l'état d'urgence que des 
responsables politiques et syndicaux commencent à critiquer, 
s'inquiétant de possibles dérives sans lien avec la lutte contre 
le terrorisme.   
    "C'est le terrorisme qui menace les libertés aujourd'hui, ce 
n'est pas l'état d'urgence", a-t-il dit dans une déclaration à 
la presse, affirmant que l'état d'urgence "ne signifie en rien 
l'abandon de l'état de droit".  
    "Nous combattons le terrorisme et nous le vaincrons avec les 
armes de la République", a-t-il ajouté. 
    Pour souligner l'efficacité de ce dispositif d'exception, 
Bernard Cazeneuve a annoncé que 2.235 perquisitions 
administratives avaient été effectuées depuis le début de 
l'application de l'état d'urgence renouvelé pour trois mois. 
    Lors de ces opérations policières, 232 personnes ont été 
placées en garde à vue, 334 armes ont été saisies, dont 34 de 
guerre, et 330 personnes ont été assignées à résidence. 
    Le ministre a souligné que ces perquisitions avaient permis 
de mettre en 15 jours la main sur un tiers du volume des armes 
de guerre habituellement saisies en un an. 
    Il a annoncé que trois mosquées avaient été fermées depuis 
la semaine dernière, en particulier celle de Lagny-Sur-Marne 
(Seine-et-Marne) visée mercredi par une vaste opération de 
police et connue pour ses prêches radicaux.    
    Il a ajouté plus tard, lors des questions au gouvernement, 
qu'une quatrième mosquée avait été fermée, à Nice. 
    "De telles mesures de fermeture de mosquées pour motifs de 
radicalisation (...) n'avaient jamais été prises auparavant par 
aucun gouvernement, y compris en 2005 pendant l'état d'urgence" 
instauré lors d'émeutes, a-t-il souligné devant la presse. 
     
    PROLONGATION POSSIBLE ?  
    Concernant les prédicateurs radicaux, 65 d'entre eux ont été 
expulsés depuis 2012 et 34 depuis début 2015. Si déchéances de 
nationalité ont été décrétées pour terrorisme depuis 2012. 
    Le gouvernement a indiqué qu'il n'écartait pas la 
possibilité de prolonger l'état d'urgence lorsque les trois mois 
initialement fixés après les attentats du 13 novembre seront 
écoulés. 
    Mais l'ancien Premier ministre de droite Dominique de 
Villepin a plaidé mercredi pour la fin de cette mesure 
d'exception susceptible de favoriser le Front national. 
    "L'état d'urgence doit se limiter à la période qui, 
véritablement, correspond à celle de l'urgence", a-t-il dit sur 
BFM TV, jugeant qu'il était dangereux de "se priver de l'appui 
judiciaire".  
    "On voudrait donner les clés de notre pays au Front 
national, on ne ferait pas mieux", a-t-il ajouté. 
    Des députés de gauche qui ont voté l'état d'urgence n'en ont 
pas moins lancé un appel à la "vigilance citoyenne", afin que 
d'éventuels cas de "dérives" leur soient signalés. 
    Bernard Cazeneuve a souligné que plusieurs niveaux de 
contrôle existaient pour éviter de telles dérives, notamment les 
recours devant les tribunaux administratifs et le contrôle 
parlementaire "absolument inédit". 
    La commission des Lois de l'Assemblée a décidé mercredi de 
mettre en place une "veille parlementaire" pour la durée 
d'application de l'état d'urgence décrété à la suite des 
attentats de Paris et prolongé pour trois mois.   
 
 (Gérard Bon, avec Sophie Louet, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • milano12 le mercredi 2 déc 2015 à 16:24

    c est pas assez bougez vous un peu plus

  • M4709037 le mercredi 2 déc 2015 à 16:16

    prolongeons l'état d'urgence jusqu'à la fin de Daech et à la fermeture/contrôle des frontières.