France-Carrefour se joint aux outsiders de la banque en ligne

le
0
 (Actualisé avec commentaire) 
    PARIS, 21 mars (Reuters) - Carrefour  CARR.PA  a annoncé 
mardi le lancement d'une offre bancaire 100% digitale, 
rejoignant les rangs des "fintechs" ou  des entreprises 
extérieures au secteur comme l'opérateur télécom Orange 
 ORAN.PA , qui veulent se faire une place sur ce marché 
d'avenir. 
    Pour un euro par mois et sans conditions de ressources ou de 
dépôts, le distributeur français proposera à partir du 18 avril 
C-zam, un coffret à cinq euros associant un compte courant géré 
en ligne à une carte de paiement MasterCard.   
    Carrefour, qui proposait déjà des services de crédit à la 
consommation ou d'assurances, commercialisera cette offre dans 
plus de 3.000 magasins et vise une clientèle très jeune mais 
aussi centrée sur des usages dédiés, comme les cagnottes de 
vacances.  
    "Ce service s'inscrit pleinement dans la transformation 
digitale et dans la volonté de Carrefour d'innover", a déclaré 
Noël Prioux, directeur exécutif de Carrefour France, lors d'une 
conférence de presse. 
    Pour Julien Jaillon, directeur général de Carrefour Banque, 
il s'agit "du premier compte courant en grande distribution 
accessible à tous sans conditions de revenus". 
    Il s'est refusé à toute indication chiffrée, évoquant 
seulement de "grandes ambitions en terme de volume". 
    Pour Damien Dupouy, cofondateur de la néobanque Anytime, 
l'objectif poursuivi par Carrefour, et peut-être bientôt par 
d'autres distributeurs, est de proposer "un produit d'appel" à 
travers lequel d'autres services plus rémunérateurs, comme le 
crédit à la consommation, pourraient être souscrits.  
    L'entrepreneur, qui propose aussi un service de comptes 
couplés à des cartes de paiement, estime que l'ouverture de 
comptes courants est aussi un moyen de renforcer le bilan de 
Carrefour banque en augmentant ses dépôts. 
    Outre Carrefour et Orange, dont l'offre sera lancée à la 
mi-mai, la banque de détail en France doit faire face à 
l'irruption de nouveaux entrants s'appuyant sur des modèles 
nouveaux, comme Compte Nickel, qui propose ses services via son 
réseau de buralistes, ou encore la jeune banque en ligne 
allemande N26. 
    La concurrence s'accroît aussi du fait que les grands 
établissements traditionnels qui n'avaient pas encore lancé une 
banque 100% digitale, comme les Banques populaires, les Caisses 
d'Epargne (groupe BPCE) ou la Banque postale, ont récemment 
décidé de sauter le pas. 
    Dans un contexte où la faiblesse des taux d'intérêts ronge 
les marges et le volume d'affaires des banques, la 
multiplication des offres fait craindre à certains observateurs 
une guerre de prix et un effondrement des marges similaire à 
celui qui a suivi l'entrée de l'opérateur Free  ILD.PA  sur le 
marché de la téléphonie mobile. 
    La loi Macron, qui facilite désormais les démarches des 
particuliers pour changer de banque, pourrait aussi favoriser 
les banques en ligne, aux tarifs moins élevés, au détriment des 
établissements traditionnels, dont les clients boudent de plus 
en plus les agences.  
    A contrario, les points de vente d'Orange et de Carrefour 
restent très fréquentés et permettent donc de rentabiliser 
davantage les espaces commerciaux.   
    La banque 100% en ligne s'apparente néanmoins encore à un 
pari sur l'avenir en France car, avec une part de marché estimée 
à moins de 10%, elle est loin d'avoir franchi le point de 
bascule où elle renverserait l'hégémonie des réseaux en dur. 
 
 (Julien Ponthus, avec Dominique Vidalon et Pascale Denis, édité 
par Jean-Michel Bélot) 
 

Valeurs associées
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant