France-Cambadelis veut une réécriture de la loi sur le travail

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    PARIS, 21 février (Reuters) - Le premier secrétaire du Parti 
socialiste demande dans le Journal du Dimanche une réécriture du 
projet de loi sur la réforme du travail, dévoilé la semaine 
dernière et critiqué tant par les syndicats que par une partie 
de la gauche. 
    Le projet de loi porté par la ministre du Travail Myriam El 
Khomri confirme la durée légale de 35 heures par semaine.  
    Mais pratiquement tout le reste est ouvert à la négociation 
d'entreprise ou de branche, y compris la rémunération des heures 
supplémentaires, voire dans certains cas laissé à la discrétion 
de l'employeur, en l'absence d'accord.   
    "C'est un avant-projet qui doit évoluer", déclare 
Jean-Christophe Cambadélis. "Nous devons élaborer un nouveau 
modèle, un nouveau mix entre souplesse et sécurité. Le texte tel 
qu'il a été soumis au Conseil d'État doit donc être 
rééquilibré." 
    Il critique notamment "l'ajout tardif" de l'article 30 bis, 
qui précise en les élargissant les motifs pouvant justifier des  
licenciements économiques. 
    "C'est une concession injustifiée au Medef, s'inspirant des 
législations espagnole ou italienne", déclare le numéro 1 du PS. 
"Cet article est à réécrire." 
    "Finalement, c'est autant l'architecture que le contenu de 
ce projet de loi qu'il faut revoir", ajoute-t-il. "Il y a une 
pression idéologique qui veut faire croire que le chômage est dû 
au Code du travail. Il y a des rigidités mais c'est le carnet de 
commandes qui fait l'embauche. Ce ne sont pas les mesures qui 
reviennent sur des droits des salariés qui font l'embauche." 
    Face à la probable fronde d'une partie des députés de la 
majorité, Myriam El Khomri n'a pas exclu un recours à l'article 
49-3 de la Constitution, qui permet l'adoption d'un projet de 
loi sans vote, en obligeant les députés hostiles à un texte à 
faire tomber le gouvernement s'ils maintiennent leur opposition. 
    Comme les syndicats, les écologistes d'Europe-Ecologie-Les 
Verts ont pour leur part dénoncé, dans la loi El Khomri, de 
"nombreuses atteintes aux droits des salariés". 
 
 (Emmanuel Jarry) 
 
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