France-Cambadélis jette les bases de son "Alliance populaire"

le
0
    * Le patron du PS souhaite une refondation du parti 
    * Le second tour de la présidentielle à l'esprit 
    * Duflot "tend la main" à Hollande 
 
    PARIS, 15 décembre (Reuters) - Jean-Christophe Cambadélis, 
premier secrétaire du Parti socialiste, a annoncé mardi le 
lancement en février de l'"Alliance populaire", une formation 
appelée selon lui à rassembler au-delà du PS en vue de la 
présidentielle de 2017. 
    Le patron du PS a multiplié ces derniers mois les appels à 
un large rassemblement de la gauche, une question remise à 
l'ordre du jour à la suite de la nouvelle poussée du Front 
national aux élections régionales. 
    Dès dimanche, au soir du second tour, des voix socialistes 
ont plaidé pour un aggiornamento de la formation voire, comme 
l'a fait Julien Dray dans les médias, pour un changement de nom. 
    Jean-Christophe Cambadélis avait lui-même évoqué il y a 
plusieurs mois, puis de nouveau dimanche soir, la nécessité pour 
le PS de fonder une "alliance populaire", sans donner beaucoup 
de précisions sur ses futurs contours. 
    "J'appelle le Parti socialiste à la rupture avec le parti 
qui a été constitué à Epinay (en 1971-NDLR), à la rupture avec 
la stratégie que nous avons développée depuis cette époque", 
a-t-il déclaré mardi lors d'une conférence de presse.  
    Le congrès d'Epinay est considéré comme l'acte fondateur du 
PS moderne, transformé à partir de cette date en machine 
électorale au service de François Mitterrand qui a accédé à 
l'Elysée dix ans plus tard. 
    Mais, selon le premier secrétaire du parti, le contexte 
politique a changé et, compte tenu de la montée en puissance du 
FN, la gauche devra se présenter unie en 2017 pour espérer 
parvenir au second tour.      
     
    "COLONNE VERTÉBRALE" 
    "Nous vivons dans le confort stratégique issu du bipartisme, 
à savoir au premier tour on se combat violemment et au second 
tour on se rassemble précipitamment. Le tripartisme ne permet 
plus de fonctionner comme cela", selon lui. 
    "Pour le Parti socialiste, ce sera la nécessité de lancer 
dans les semaines qui viennent un appel avec les citoyens, le 
mouvement associatif et, s'ils le désirent, un certain nombre de 
responsables du mouvement syndical, pour créer une grande 
alliance populaire", a-t-il également dit. 
    "Cet appel (...) naîtra début février. Il sera décliné dans 
toute la France où se constitueront des collectifs 
départementaux, des collectifs régionaux", a poursuivi 
Jean-Christophe Cambadélis. 
    D'après lui, la future formation pourrait attirer 500.000 
adhérents. 
    "Et nous organiserons à l'automne 2016 une grande convention 
de l'Alliance populaire. Celle-ci aura vocation à fixer une base 
(...) qui sera celle de (...) la substitution au Parti 
socialiste d'une formation politique rassemblant tous ceux qui 
ont participé à l'Alliance populaire". 
    Il a assuré que le PS, souvent critiqué par ses alliés 
habituels pour sa tendance à vouloir diriger les manoeuvres, ne 
prétendrait pas à l'hégémonie au sein de ce futur mouvement mais 
se contenterait d'un rôle de "colonne vertébrale".    
    Cécile Duflot, co-présidente du groupe écologiste à 
l'Assemblée nationale, défend aussi, dans un entretien publié 
mardi par Le Monde, l'idée d'une union de la gauche sous 
certaines conditions.     
    "Pour la bâtir, je tends la main à François Hollande. Qu'il 
revienne à l'esprit de 2012 et rassemble enfin écologistes et 
communistes désireux de rejoindre un bloc majoritaire de 
transformation", déclare-t-elle. 
    Selon un sondage Ifop-Fiducial paru mardi, François Hollande 
ne dépasserait pas le premier tour de la prochaine 
présidentielle dans l'hypothèse d'une multiplication des 
candidatures à gauche. (voir  ID:nL8N14443T  
 
 (Simon Carraud, édité par Sophie Louet) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant