France-Cambadélis garde les clés du PS face aux frondeurs

le , mis à jour à 23:58
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* Cambadélis élu à plus de 70% des voix des militants socialistes * Congrès des socialistes à Poitiers du 5 au 7 juin * L'hypothèse d'une primaire pour 2017 semble écartée par Julien Ponthus PARIS, 28 mai (Reuters) - Les militants socialistes ont voté jeudi à plus de 70% pour le maintien de Jean-Christophe Cambadélis au poste de Premier secrétaire du PS, un scrutin qui légitime son autorité sur le parti et, par extension, la "ligne" de François Hollande et de Manuel Valls. Le taux de participation a été estimé autour de 49%-50%, a déclaré un porte-parole du Parti socialiste. Cette consultation suit celle de la semaine dernière, lorsque sa motion "loyaliste" avait remporté 60% des voix face aux 29% des frondeurs emmenés par le député Christian Paul. Elu par le conseil national du PS en 2014 en remplacement d'un Harlem Désir contesté au sein du parti et du gouvernement, Jean-Christophe Cambadélis obtient jeudi, malgré une abstention d'environ 50%, les clés du PS directement des mains des adhérents. Organisés en amont du congrès du parti à Poitiers du 5 au 7 juin, le résultat de ces scrutins rend très improbable l'organisation d'une primaire pour 2017 et constitue donc une étape clé dans la course à la candidature de François Hollande. Entre son discours aux accents de campagne à Carcassonne le 19 mai et celui du Panthéon mercredi, où il s'est posé en garant des valeurs de la République, il ne laisse guère de doutes quant à son intention de briguer un second mandat. Après plus d'un an de guérilla menée par l'aile gauche du PS contre le gouvernement, le président peut désormais compter sur un parti en ordre de marche, même s'il a dû donner des gages en annonçant le début d'une phase de redistribution. Donnée archi-favorite du scrutin après le ralliement de la maire de Lille Martine Aubry, la direction du PS compte bien faire valoir, devant les militants, sa capacité à infléchir la politique du gouvernement. "VICTOIRES SYMBOLIQUES" De nombreux dirigeants de la majorité s'attendent désormais à des initiatives du gouvernement sur l'introduction du prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu ou encore sur le Crédit d'impôt compétitivité emploi (Cice). "Je n'ose pas imaginer que ce ne soit pas le cas", confie une responsable de la rue de Solférino pour qui "Cambadélis va être obligé d'obtenir des victoires symboliques". Ce dernier avait déjà dit son opposition à la réduction du nombre de "seuils sociaux" de salariés dont le franchissement déclenche des obligations pour les entreprises, une option écartée par le gouvernement dans sa loi sur le dialogue social. Outre son rôle d'inflexion de la politique gouvernementale, le patron du PS aura aussi pour mission de participer au rassemblement de la gauche autour de François Hollande, une condition sine qua non de sa réélection. Les élections régionales des 6 et 13 décembre constitueront un test pour la capacité de Jean-Christophe Cambadélis à forger des alliances à sa gauche. "Nous avons besoin de rassembler toute la gauche sinon ce sera un naufrage pour tous", dit un des patrons de la majorité. Si Manuel Valls a d'ores et déjà annoncé un "ajustement" du gouvernement en juin avec notamment la nomination d'un secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur, des responsables de la majorité estiment qu'un remaniement plus large pourrait voir le jour après les régionales afin de faire entrer, le cas échéant, de nouveaux alliés de l'exécutif au gouvernement. (Julien Ponthus avec Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

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