France-Cambadélis exhorte l'Allemagne à se souvenir de l'Histoire

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PARIS, 16 juillet (Reuters) - Le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, appelle jeudi l'Allemagne à "se ressaisir" et à ne plus s'enfermer dans le rôle de "père la rigueur" qu'elle a joué avec la Grèce dans les négociations avec ses créanciers. Dans une "lettre ouverte à un ami allemand", le patron du PS rappelle l'importance du couple franco-allemand en Europe, ce que l'exécutif s'est employé à faire après avoir été attaqué par l'opposition au sujet des divergences sur le dossier grec. Mais il dit aussi regretter que Berlin ait imposé des conditions trop dures à Athènes dans le cadre de l'accord scellé avec les créanciers de la Grèce lundi à Bruxelles et surtout que l'Allemagne refuse d'alléger la dette grecque. Comme ceux qui, aux extrêmes de l'échiquier, ont attaqué l'Allemagne en la renvoyant au IIIe Reich, tel à droite Nicolas Dupont-Aignan, ou à une volonté de "détruire l'Europe", tel à gauche Jean-Luc Mélenchon, il convoque l'Histoire mais pour exhorter son "ami allemand" à en tirer les leçons. "Cette amitié aura connu de nombreuses vicissitudes, bien avant et bien après Voltaire et Frédéric II. Elle est le coeur et le moteur de l'Europe", écrit Jean-Christophe Cambadélis. "L'Europe, justement, mon cher ami, ne comprend pas l'obstination actuelle de ton grand pays à vouloir s'enfermer dans ce rôle de petit père la rigueur", poursuit-il. "Ton pays aurait-il oublié la solidarité de la France aux lendemains mêmes des crimes atroces commis en ton nom ?", dit-il en évoquant les accords de 1953 qui réduisirent la dette allemande de moitié et l'échelonnèrent sur trente ans. "Berlin doit se souvenir de cette leçon de l'Histoire au moment où elle fait la leçon budgétaire à Athènes", poursuit Jean-Christophe Cambadélis, estimant qu'une annulation de la dette grecque en 2012, lors du second plan de sauvetage, aurait évité le marasme actuel. Le troisième plan augure d'un nouveau train de mesures d'austérité que Jean-Christophe Cambadélis impute à l'Allemagne, "grande et belle puissance" devenue "le porte-drapeau d'un ordolibéralisme étroit et obtus". "L'Europe des peuples ne comprendrait pas que l'Allemagne veuille imposer par la force de son économie un modèle économique unique, fait d'austérité idéologique et de pointillisme budgétaire", insiste-t-il. "Mon bon ami, il faut que l'Allemagne se reprenne et vite", conclut le patron du PS, souhaitant enfin qu'un état des lieux de la coopération franco-allemande soit fait rapidement. François Hollande a reconnu des différences de sensibilité entre la France et l'Allemagne sur le dossier grec, mais insisté sur la bonne entente entre le président français et la chancelière allemande, même si le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a prôné un scénario de "Grexit". (Gregory Blachier, édité par Yves Clarisse)

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  • 2445joye le jeudi 16 juil 2015 à 16:09

    L'idéologie socialiste classique: se servir dans la poche du voisin.

  • M6445098 le jeudi 16 juil 2015 à 15:44

    et t"inquiète pas Camba, les allemands ne veulent surtout pas ressembler à la France avec son laxisme et son déficit record.

  • M6445098 le jeudi 16 juil 2015 à 15:42

    pathétique Cambadelis! il a encore perdu une occasion de garder le silence. il doit bien faire rire les allemands. Heureusement que l'Europe n'est pas dirigée par ce genre d'incompétent total, sinon on aurait donné 80 milliards € à la Grèce sans aucune contrepartie ni réforme. il devrait rejoindre le Front de Gauche.

  • M9244933 le jeudi 16 juil 2015 à 15:39

    Le gros père du laxisme ferait bien de penser à la situation actuelle où l'absence de rigueur, qui n'est pas un vilain mot mais l'application du bon sens, est en train de nous envoyer dans le mur. Au lieu de donner des leçons aux allemands qui eux ont fait des efforts douloureux et s'en portent globalement très bien.

  • glitzy le jeudi 16 juil 2015 à 15:37

    Ce que les socialistes français ne comprennent pas, c'est que les allemands (Schäuble) veulent voir de vraies réformes en Grèce avant de parler réduction de la dette. C'est vrai que les vraies réformes, c'est dur aussi pour un socialiste français. #jourdecarence #régimesspéciaux #nepasfâcherlessyndicatsdupublic

  • mipolod le jeudi 16 juil 2015 à 15:21

    Les social.os sont étouffés par leur démagogie d'un autre âge !

  • dotcom1 le jeudi 16 juil 2015 à 15:12

    Précisions que Cambadélis est Grec.

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