France-Cambadélis exclut une candidature de Hollande hors primaire

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    * La question fait débat depuis plusieurs jours 
    * Hollande doit bientôt dévoiler ses intentions 
    * Certains envisagent un recours judiciaire 
 
 (Actualisé avec Cambadélis devant la presse, Montebourg) 
    PARIS, 29 novembre (Reuters) - Le Premier secrétaire du 
Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a exclu mardi une 
candidature de François Hollande à l'élection présidentielle de 
2017 hors du cadre de la primaire de la gauche prévue les 22 et 
29 janvier.  
    La question de la participation à cette consultation du chef 
de l'Etat, qui doit dévoiler dans les jours qui viennent ses 
intentions pour le scrutin de l'an prochain, fait débat.  
    Lundi, l'avocat Jean-Pierre Mignard, ami du président, a 
estimé que ce dernier n'avait "pas à se présenter devant un 
conseil de famille mais devant le peuple tout entier". 
    Un scénario rejeté mardi par Jean-Christophe Cambadélis qui, 
prié de dire sur Europe 1 s'il excluait une candidature hors 
primaire du chef de l'Etat, a répondu : "Je l'exclus, parce 
qu'aujourd'hui il y a un processus qui a été mis en place qui 
est le processus de la belle alliance populaire".  
    "Il y aura une primaire de la belle alliance populaire, 
c'est une décision du Parti socialiste et personne ne me fera 
reculer là-dessus", a-t-il dit.  
    Une affirmation réitérée lors d'une conférence de presse au 
siège du PS à Paris : "Le Parti socialiste organisera la 
primaire de la belle alliance populaire. Point à la ligne".  
    En réponse à une question, Jean-Christophe Cambadélis a 
rapporté que François Hollande lui avait "personnellement" dit 
son intention de passer par cette primaire et qu'à sa 
connaissance, le président n'avait pas changé d'avis là-dessus.  
     
    "ARME DE CONSTRUCTION MASSIVE" 
    L'organisation d'un scrutin interne est prévu par les 
statuts du Parti socialiste, qui stipulent ainsi que "le 
candidat à la présidence de la République est désigné au travers 
de primaires citoyennes ouvertes à l'ensemble des citoyens 
adhérant aux valeurs de la République et de la gauche et 
coorganisées par les formations politiques de gauche qui 
souhaitent y participer".  
    A l'heure actuelle, il y a six candidats déclarés à la 
primaire ouverte de la gauche : Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, 
François de Rugy, Marie-Noëlle Lienemann, Gérard Filoche et 
Jean-Luc Benhamias. 
    Les candidatures peuvent être déposées jusqu'au 15 décembre. 
  
    Le directeur de campagne d'Arnaud Montebourg, François 
Kalfon, a brandi la menace d'un recours en justice si le chef de 
l'Etat passait outre la case primaire.  
    "Ce serait une brutalité tout à fait insupportable, une 
sorte de coup de force politique", a-t-il dit sur I-TELE. "Il y 
aurait donc une voie de recours à la fois politique, médiatique, 
de l'opinion publique, et pourquoi pas judiciaire".  
    Dans un entretien au Monde daté de mercredi, Arnaud 
Montebourg qualifie la primaire d'"arme de construction massive 
pour rassembler les gauches".  
    "La primaire permet de submerger les stratégies diviseuses 
des appareils par la puissance populaire", dit-il, alors que des 
prétendants à l'Elysée ont décidé de se lancer hors primaire - 
Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron, Sylvia Pinel.  
    "Le peuple de gauche a envie de cette primaire, veut s'y 
rendre et s'y rendra certainement en nombre, pour faire 
exactement ce qui s'est produit à droite, c'est-à-dire décider". 
    Plus de quatre millions de personnes ont voté à chacun des 
deux tours de la primaire de la droite et du centre, qui a vu 
dimanche la victoire de François Fillon. 
    A cinq mois de l'élection présidentielle à laquelle la 
gauche part très divisée - "en mode centrifugeuse", selon 
l'expression d'Arnaud Montebourg -, la tension est montée d'un 
cran ce week-end au sommet de l'Etat avec l'interview de Manuel 
Valls au JDD dans laquelle il n'exclut pas se présenter à la 
primaire face à François Hollande. 
    Cette sortie a provoqué une quasi crise de l'exécutif que 
Matignon et l'Elysée se sont efforcés de minimiser lundi à 
l'issue d'un déjeuner entre le Premier ministre et le chef de 
l'Etat.   
 
 (Marine Pennetier et Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse) 
 
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