France-Cambadélis dénonce l'obsession anti-islam de Sarkozy

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    * Le patron du PS dénonce le projet "autoritaire" de la 
droite 
    * Sarkozy voit la primaire comme un référendum sur l'islam, 
dit-il 
    * Juppé la considère comme un référendum sur Sarkozy, 
ajoute-t-il 
 
    par Elizabeth Pineau 
    PARIS, 28 août (Reuters) - Le premier secrétaire du Parti 
socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a accusé dimanche 
Nicolas Sarkozy de vouloir transformer la primaire de la droite 
en référendum sur l'islam et de se placer sur le terrain du 
Front national.  
    Devant 150 responsables du PS en séminaire de rentrée, il a 
fustigé le programme "autoritaire" et "inégalitaire" du camp des 
Républicains (LR), qui prépare sa primaire de novembre pour 
l'élection présidentielle de 2017.   
    "Nicolas Sarkozy a décidé de transformer la primaire de la 
droite en un référendum pour ou contre l'islam (...) Alain Juppé 
veut faire un référendum contre Nicolas Sarkozy", a-t-il lancé à 
propos des deux favoris des sondages à droite. 
    Aux yeux du patron du PS, le projet de la droite "à la fois 
autoritaire et inégalitaire (...) innerve, structure, constitue 
l'ensemble de la droite dans une proximité terrible et dans une 
confusion incroyable avec le Front national".   
    En s'attaquant à "l'assistanat" et en supprimant l'Impôt de 
solidarité sur la fortune (ISF), le programme des Républicains 
vise selon lui à "créer la société des riches".  
    Mais c'est sur les questions de société que le Premier 
secrétaire a d'abord attaqué le camp averse. "Sondagiairement 
habile" mais "terrifiant" sur le fond, le projet de Nicolas 
Sarkozy est selon lui "une remise en cause de notre pacte 
républicain" et "de la possibilité du vivre ensemble." 
    "On veut construire une société où ce que l'on appelle les 
communautés seraient séparées", a accusé Jean-Christophe 
Cambadélis. "On veut la 'libanisation' française." 
    Principalement dirigé contre l'ancien président, son 
discours a également ciblé Alain Juppé, qui a fait ce week-end 
sa rentrée politique.   
    Jean-Christophe Cambadélis a ainsi rappelé que dernier était 
chef du gouvernement en 1997 lorsque fut débattue la loi du 
ministre de l'Intérieur de l'époque, Jean-Louis Debré visant, à 
réguler l'immigration. 
     
    DISCOURS DE HOLLANDE LE 8 SEPTEMBRE  
    Revenant à l'actualité, le patron du PS a toutefois dit 
apprécier que le maire de Bordeaux  soit opposé à une loi sur le 
port du burkini, maillot de bain très couvrant porté par 
certaines femmes musulmanes.  
    La question du burkini, au coeur de la polémique de l'été, 
divise le gouvernement de Manuel Valls à l'orée d'une campagne 
présidentielle où les questions sécuritaires et identitaires 
s'annoncent centrales, sur fond de terrorisme islamiste. 
  
    Dans ce contexte, le Premier ministre et plusieurs membres 
du gouvernement prendront la parole lundi à Colomiers 
(Haute-Garonne), sur le thème de la République. 
    "La démocratie et le terrorisme" sera par ailleurs le thème 
d'un discours que doit prononcer le président François Hollande 
le 8 septembre à Paris, à l'invitation de la Fondation Jean 
Jaurès, a-t-on appris à la direction du PS.  
    A huit mois de l'élection présidentielle, la rentrée de 
l'exécutif se mêle aux velléités exprimées à gauche pour contrer 
une éventuelle nouvelle candidature de François Hollande, qui 
prendra sa décision en décembre.  
    Une semaine après Arnaud Montebourg, un autre ancien 
ministre PS candidat à l'Elysée, Benoît Hamon, s'est exprimé ce 
week-end devant ses partisans, de même que le co-fondateur du 
Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon.  
    Ce dernier refuse de participer à la primaire que le PS veut 
organiser en janvier pour "juguler la fragmentation qui existe 
au sein de la gauche", a dit Jean-Christophe Cambadélis, selon 
qui "ces primaires doivent être loyales, transparentes et 
permettre au final le rassemblement".  
    En privé, le patron du PS se dit persuadé qu'Arnaud 
Montebourg, qui laisse planer le doute sur sa participation à ce 
scrutin interne, rentrera finalement dans le rang.  
    D'ici là, le PS organise des réunions dans toute la France 
jusqu'au 3 décembre, date d'un grand rassemblement populaire à 
Paris. Le parti majoritaire connaîtra, alors, le nom du 
vainqueur de la primaire de la droite.    
 
 (Edité par Emmanuel Jarry) 
 
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