France-Cahuzac estime ne pas avoir "menti" à Hollande

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    * Un tête-à-tête et un mensonge par omission 
    * Il se dit "broyé", évoque une vie sociale compliquée 
    * Il évoque des pensées suicidaires, sans les nommer 
    * Ma vie politique est terminée, confirme-t-il 
 
 (Actualisé avec détails, autres citations) 
    par Chine Labbé 
    PARIS, 13 septembre (Reuters) - Jérôme Cahuzac a assuré 
mardi ne pas avoir menti à François Hollande, sauf par omission, 
sur l'existence de son compte caché, sous-entendant que le 
président l'avait conforté dans sa décision de "tenir" malgré 
les révélations de la presse. 
    Pendant quatre mois, avant sa démission en mars 2013, 
l'ex-ministre du Budget a nié l'existence de tout compte à 
l'étranger, jusque devant l'Assemblée nationale.  
    Le 5 décembre 2012, au lendemain des révélations de 
Mediapart, Jérôme Cahuzac, jugé devant le tribunal correctionnel 
de Paris pour fraude fiscale et blanchiment, dit avoir été reçu 
par François Hollande pour un entretien en tête-à-tête dont il 
n'a jamais été fait mention jusqu'à présent. 
    "La question précise, qui utilise le tutoiement, 'as-tu, oui 
ou non, un compte?', cette question-là, on ne me l'a jamais 
posée dans cet entretien, et donc si j'ai menti, c'est par 
omission", a-t-il assuré à la barre. 
    "Contrairement à ce qui a été dit, je n'ai pas menti au 
président de la République les yeux dans les yeux", a-t-il 
ajouté, étouffant des sanglots.  
    Cet entretien, "j'en sors avec la conviction qu'il faut que 
je continue à faire ce que j'ai à faire (...) avec la volonté de 
tenir", ajoute le ministre déchu, sous-entendant que le 
président l'avait poussé à rester à son poste.  
    "Il ne m'est jamais dit 'tu es couvert'", précise-t-il 
toutefois. "Le responsable politique qu'il est n'a pas commis de 
faute. Sur un plan humain, c'est autre chose." 
    Lors d'un autre entretien, le même jour, avec le président 
et le Premier ministre, Jérôme Cahuzac balaie les accusations 
qui le visent : "J'ai dit 'c'est rien, c'est des conneries', 
d'une certaine manière d'ailleurs, je ne mentais pas." 
    Quelques heures plus tard, il mentira devant les députés. 
    "Toute ma vie parlementaire ne se résume plus qu'à ça, toute 
ma vie tout court ne se résume plus qu'à ça", déplore le 
chirurgien de formation. "Il faut l'accepter, mais c'est très 
douloureux. J'y vois une forme d'injustice."  
         
    "CONTRIBUER AU REDRESSEMENT DU PAYS" 
    L'ex-ministre, héraut en son temps de la lutte contre 
l'évasion fiscale, assure que ses démentis répétés n'avaient pas 
pour seul objectif de "sauver sa vie".  
    "J'étais vraiment mu par la volonté de contribuer, à ma 
place, à ma force, au redressement économique du pays." 
    "J'ai été pris dans une histoire terrible, triste, qui m'a 
dépassé et qui, après, m'a broyé", résume-t-il.  
    A la suite de l'ouverture d'une information judiciaire pour 
fraude fiscale et blanchiment, Jérôme Cahuzac dit s'être vu 
confronté à trois "solutions" : persister dans le démenti, 
avouer, "ou une autre". C'est cette autre solution, des pensées 
suicidaires dont il ne dira jamais le nom, qu'il dit choisir ce 
soir-là en faisant montre de son apparente émotion.  
    Le lendemain, raconte-t-il après une interruption de séance, 
"quelqu'un qui lui est très cher" passe chez lui. "En deux trois 
phrases, il me fait changer d'avis", dit-il. "Des trois 
solutions, il n'en reste qu'une, c'est avouer." 
    Après l'éclatement du scandale le plus retentissant du 
quinquennat Hollande, Jérôme Cahuzac raconte un quotidien 
"extrêmement compliqué", fait d'insultes à répétition. 
    "J'ai pris l'habitude de marcher les yeux baissés, pour 
qu'on me reconnaisse le moins possible", explique celui qui vit 
désormais en Corse et n'a plus d'activité.  
    Au premier jour de son procès, à la surprise générale, 
Jérôme Cahuzac a assuré que le premier compte qu'il a ouvert en 
Suisse n'avait pas vocation à cacher ses avoirs, mais à financer 
de manière occulte le mouvement rocardien, en 1992-1993. 
    "Je n'ai pas insulté la mémoire d'un mort", a-t-il insisté 
mardi face à un président qui l'interrogeait sur le fait d'avoir 
"indirectement chargé un mort".  
    "Peut-être suis-je plus fidèle à l'héritage de Michel 
Rocard" que ceux qui me critiquent, a-t-il ajouté. 
    Jérôme Cahuzac risque jusqu'à sept ans de prison et un 
million d'euros d'amende.  
 
 (édité par Yves Clarisse) 
 
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  • janaliz il y a 4 mois

    Il faut pleurer tout de suite... ou on peut attendre un peu... Des malades... Sauver le pays ! Non mais !