France-Cahuzac assume une "vérité accablante"

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    * "Il y a quelqu'un en moi qui a fait ça", dit Cahuzac 
    * Il maintient ses déclarations sur le financement de Rocard 
    * Mais assume qu'il ne s'agit pas d'une "stratégie" 
 
    par Chine Labbé 
    PARIS, 7 septembre (Reuters) - Jérôme Cahuzac a dit mercredi 
assumer la vérité "accablante" sur son compte caché à 
l'étranger, ajoutant avoir été pris dans "une mécanique" très 
dure à arrêter après l'ouverture d'un premier compte destiné, 
selon lui, à financer la vie politique.  
    "La vérité que j'ai décidé de dire n'est pas une stratégie", 
a assuré à la barre l'ex-ministre du Budget, dont les 
"révélations" sur le financement présumé occulte de l'activité 
politique de Michel Rocard en 1992 et 1993 ont créé la 
stupéfaction lundi, au premier jour de son procès.   
    "Il y a quelqu'un en moi qui a fait ça. Cette part de moi, 
c'est aussi moi, qui suis donc coupable", a dit Jérôme Cahuzac. 
"Tout ça est fou, la vérité est accablante, je l'assume." 
    "La vérité que j'ai décidé de dire n'est pas une stratégie", 
a toutefois assuré l'ex-ministre, au coeur du plus grand 
scandale du quinquennat de François Hollande. "La vérité, c'est 
la vérité", a-t-il ajouté, face à un procureur et un président 
qui l'ont quelque peu malmené, soulignant notamment certaines 
"incohérences" de son propos.  
    Lundi, au premier jour de son procès pour fraude fiscale, 
blanchiment et fausse déclaration de patrimoine à son entrée au 
gouvernement, Jérôme Cahuzac a déclaré que le premier compte 
qu'il avait ouvert en Suisse avait pour objet le financement 
occulte, par des laboratoires pharmaceutiques, de l'activité de 
Michel Rocard, après sa démission de Matignon. 
    Devant les juges, qui l'ont interrogé à neuf reprises, 
Jérôme Cahuzac avait pourtant indiqué que son compte caché 
n'avait été approvisionné qu'avec des revenus personnels. 
     
    UN SEUL RETRAIT SUR LE PREMIER COMPTE 
    Ce compte, ouvert auprès de la banque UBS au nom d'un 
avocat, Philippe Péninque, devait ainsi servir à "assurer le 
fonctionnement de la structure" rocardienne, selon Jérôme 
Cahuzac. Mais un seul retrait a été effectué, fin 1992, a 
souligné le tribunal.  
    "Ça ne vous a pas surpris de voir l'argent qui s'amoncelle 
sur un compte?" l'a ainsi interrogé le président, Peimane 
Ghaleh-Marzban. "Comment faisait-on pour payer le loyer, 
l'électricité?" Réponse du prévenu : ces fonds devaient sans 
doute servir plus tard. 
    Le procureur l'a aussi interrogé sur des versements 
effectués sur ce compte en 1993, juste après une défaite 
"historique" du Parti socialiste aux élections législatives. 
"Comment expliquer que les laboratoires pharmaceutiques n'aient 
pas plutôt parié sur la droite?" 
    "Si la défaite est infiniment probable début 1993, son 
ampleur était inimaginable", lui a rétorqué l'ancien ministre. 
    En 1993, ce financement politique présumé s'arrête, d'après 
Jérôme Cahuzac. Le prévenu ouvre alors un nouveau compte à son 
nom à la banque UBS, "pour des raisons de discrétion". Un compte 
pour lequel il utilisera le nom de code "Birdie". 
    "Mon but n'est pas que ce compte prospère et enfle. Je veux 
pouvoir le rendre tel que je l'ai reçu", insiste l'ex-ministre. 
     
    LA SUITE "LOGIQUE ET MÉCANIQUE" 
    En 1998, Jérôme Cahuzac - fraîchement élu député - transfère 
son compte dans une autre banque en Suisse, Reyl, également 
poursuivie dans ce dossier. "J'ai fait ça dans un souci de 
discrétion et de confidentialité, parce que j'avais peur."  
    En 2000, les virements de fonds personnels commencent.  
    A deux reprises, en 2000 et 2001, il fait déposer sur son 
compte en Suisse des espèces touchées à l'étranger, de riches 
clients que le chirurgien de formation opère dans un pays du 
Proche ou Moyen-Orient dont il taira le nom. 
    "Je suis dans une mécanique, c'est très dur à arrêter", 
explique-t-il. Au président qui lui demande s'il n'y a pas eu 
"des freins" à cette spirale qu'il décrit, il répond : "j'ai 
décidé seul d'arrêter, malheureusement trop tard." 
    Le rapport à la vérité de Jérôme Cahuzac, qui a menti devant 
la représentation nationale au sujet de son compte caché, a été 
au coeur des débats de ce deuxième jour d'audience.  
    "Vous n'avez reconnu les faits que quand les faits sont 
apparus. C'est un constat", lui a lancé le président du 
tribunal, Peimane Ghaleh-Marzban. 
    "Est-ce que Jérôme Cahuzac est un homme cynique, d'une 
froideur incroyable, ou alors un homme qui est dans d'autres 
complexités, dans d'autres difficultés, qui permettent de 
comprendre?"  
    La question, formulée mercredi par le président, sera 
cruciale pour les prochaines audiences, consacrées notamment au 
transfert de ses avoirs cachés vers Singapour et à l'utilisation 
frauduleuse du compte de sa mère. 
    Jérôme Cahuzac, poursuivi aux côtés de son ex-femme et de 
trois autres prévenus, risque jusqu'à sept ans de prison et un 
million d'euros d'amende. 
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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  • M1416350 il y a 3 mois

    quelle honte pour la gauche.