France-"Ça va mieux" aussi pour la croissance économique

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    * Une croissance supérieure aux attentes 
    * Plus forte hausse de la consommation depuis 2004 
    * L'investissement des entreprises accélère aussi 
    * Les économistes partagés sur le reste de l'année 
 
 (Avec détails supplémentaires, commentaires d'économistes) 
    par Yann Le Guernigou 
    PARIS, 29 avril (Reuters) - La croissance de l'économie 
française a accéléré au premier trimestre, la consommation des 
ménages, qui n'avait pas progressé autant depuis fin 2004, et le 
dynamisme de l'investissement des entreprises donnant de la 
substance au "ça va mieux" martelé par François Hollande depuis 
quinze jours. 
    L'Insee a fait état en première estimation d'une hausse de 
0,5% du produit intérieur brut sur janvier-mars, là où les 
économistes attendaient +0,4%, tout en confirmant celle de 0,3% 
enregistrée au dernier trimestre 2015. 
     La France a ainsi fait mieux sur le premier trimestre que 
la Grande-Bretagne (+0,4%) mais un peu moins que l'ensemble de 
la zone euro (+0,6%)  .  
     Le chiffre de l'Insee vient couronner une semaine très 
positive pour l'exécutif aux abois dans les sondages, venant 
après la forte baisse du nombre de demandeurs d'emploi et 
l'annonce d'un méga-contrat de sous-marins avec l'Australie. 
    Les dépenses de consommation des ménages, le premier moteur 
traditionnel de l'économie française, ont rebondi de 1,2% sur le 
trimestre, soit leur plus forte hausse depuis fin 2004, en 
contrecoup de leur quasi-stagnation de l'automne. 
    Leur hausse a été générale, touchant autant les biens 
fabriqués (+2,4% avec l'automobile et l'électronique grand 
public, qui a profité du passage à la TNT haute définition), que 
l'énergie (+1,5% à la faveur de températures plus basses que fin 
2015) et les services (+0,6%). 
    Ces derniers ont bénéficié du rebond des dépenses dans 
l'hébergement-restauration, un secteur pénalisé fin 2015 par les 
attentats islamistes de novembre à Paris et Saint-Denis. 
     
    L'INVESTISSEMENT DES MÉNAGES TOUJOURS EN BERNE 
    Dans le même temps, l'investissement des entreprises s'est 
accru de 1,6%, dépassant enfin, en valeur absolue, le record 
établi au premier trimestre 2008, avant la crise. 
    Dans un communiqué, le ministre des Finances Michel Sapin 
estime qu'une "croissance solide est enclenchée, avec une 
consommation en forte hausse et un investissement des 
entreprises qui accélère". 
    "La production augmente et se traduit par plus d'emplois et 
un recul du chômage (-49.500 chômeurs au 1er trimestre). Notre 
action porte ses fruits, nous la poursuivrons avec détermination 
dans les prochains mois", a-t-il ajouté. 
    Avec les dépenses des ménages et l'investissement, la 
contribution de la demande intérieure finale à la croissance du 
trimestre a été positive de 0,9 point, soit un plus haut depuis 
fin 2006. 
    A l'inverse, le commerce extérieur a contribué négativement 
au PIB pour le troisième trimestre consécutif, du fait d'une 
baisse des exportations pendant que les importations, souvent 
corrélées à la consommation, progressaient. 
    L'autre point noir reste l'investissement des ménages, en 
baisse continue depuis maintenant près de trois ans et à des 
plus bas depuis 1998, dont l'évolution (0,2%) tarde à 
concrétiser l'embellie constatée sur le marché immobilier. 
    La hausse du rythme de hausse des investissements des 
entreprises "est une très bonne nouvelle", déclare Alexandre 
Mirlicourtois, économiste de l'institut Xerfi. 
    "Cela montre que les entreprises commencent à redevenir 
conquérantes. Cela donne de la solidité à la reprise, ce n'est 
pas seulement de la consommation", ajoute-t-il. 
     
    LE GOUVERNEMENT TABLE SUR 1,5% EN 2016 
    Pour Axelle Lacan (COE-Rexecode), "la consommation a bien 
aidé". "Il y a un effet correction du quatrième trimestre, 
notamment sur les services, un retour à des températures de 
saison et des gains de pouvoir d'achat grâce au pétrole". 
    L'économiste juge que la prolongation du dispositif de 
suramortissement des investissements des entreprises a joué 
aussi positivement sur la confiance des industriels. 
    Pour la suite, les avis des deux économistes sont partagés. 
Ils entrevoient tous deux un deuxième trimestre un peu moins 
fort, ne serait-ce que parce la consommation aura du mal à 
garder le même rythme de progression. 
    Les chiffres publiés séparément par l'Insee pour le seul 
mois de mars montrent que son ralentissement est déjà en cours. 
 .          
    "Et les enquêtes auprès des chefs d'entreprises ne laissent 
pas présager d'amélioration forte" de leur activité, souligne 
Axelle Lacan, pour qui la prévision de hausse de 1,5% du PIB 
2016 retenue par le gouvernement reste "très optimiste". 
    Michel Sapin se veut confiant, soulignant que l'acquis de 
croissance pour 2016, à savoir la marque pour toute l'année si 
le PIB des trois derniers trimestres devait stagner, "est déjà 
de 1% à l'issue du 1er trimestre". 
    De même, Alexandre Mirlicourtois juge que l'objectif de 1,5% 
peut être atteint "et même largement dépassé".  
    "Les dernières enquêtes ne sont pas mauvaises dans 
l'industrie et le rebond semble en vue dans le bâtiment alors 
que, sans construction, il est difficile d'imaginer une forte 
accélération de la croissance en France", dit-il. 
     
    Le communiqué complet de l'Insee  http://www.insee.fr/fr/themes/info-rapide.asp?id=123&date=20160429 
     
    Les indicateurs français en temps réel         ECONFR  
    Les indicateurs de la zone euro en temps réel  ECONEZ  
    Le point sur la conjoncture française          ECO/FR  
 
 (édité par Yves Clarisse) 
 
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