France - Bulgarie 93 : Retour sur un cauchemar

le , mis à jour à 09:00
0
France - Bulgarie 93 : Retour sur un cauchemar
France - Bulgarie 93 : Retour sur un cauchemar

Cette rencontre reste comme l'un des échecs majeurs du sport français. Restée dans toutes les mémoires, elle constitue encore aujourd'hui un traumatisme pour certains. Après avoir manquée la Coupe du Monde 1990, l'équipe de France a toutes les cartes en main pour participer à celle de 1994 aux Etats-Unis. Ce qui aurait dû être une fête se transforme en cauchemar dans un contexte déjà lourd avec le scandale de l'affaire VA-OM et les tensions qui pouvaient exister au sein de l'équipe de France entre joueurs du PSG et ceux de l'OM. Au lendemain de ce fiasco, "L'Equipe" choisira le titre "Inqualifiable !" pour sa une.

La qualification manquée un mois plus tôt Le drame de novembre 1993 aurait très bien pu ne pas avoir lieu. Opposés un mois plus tôt à Israël, les Français avaient besoin d'une victoire pour assurer leur qualification. Les Bleus affrontent, en octobre 1993, la plus faible équipe du groupe qu'ils ont facilement battue lors du match aller à Tel Aviv (4-0). Alors que la chanson "L'Amérique" de Joe Dassin est diffusée par le speaker du Parc des Princes avant la rencontre, l'équipe de France trouve le moyen de perdre dans les dernières minutes (2-3). Cette confrontation aurait dû être une simple formalité face à une équipe qui a encaissé 27 buts au cours de ses 10 matchs disputés lors de ces éliminatoires ! Un match à la portée des Bleus Face à la Bulgarie, tout commence bien pour les hommes de Gérard Houllier qui ouvrent le score par Cantona qui profite d'une remise de Papin (32e). Dans la foulée, Kostadinov égalise à la suite d'un corner (37e), comme pour prévenir les Bleus que la soirée ne sera pas de tout repos. Même si la France donne l'impression générale de maîtriser son sujet, elle reste à la merci d'un retour des Bulgares. Malgré le très peu de situations dangereuses que provoquent les visiteurs du soir, les Bleus finissent par se faire "cueillir". Le drame intervient à la 90e minute de jeu. Suite à un coup franc pour la France, Guérin joue avec Ginola qui centre au second poteau sans qu'un coéquipier ne soit trouvé. La Bulgarie part alors en contre, Penev transmet à Kostadinov. A la lutte avec Roche, il parvient à tromper Lama d'une frappe sèche sous la barre. On connait la suite. Le chaos dans le vestiaire français Suite à cette désillusion, pas un mot n'est prononcé dans le vestiaire de l'équipe de France. "Un vestiaire de malheur", déclarera Vincent Guérin. Certains tentent de faire porter le chapeau de cette défaite à Ginola. Le sélectionneur Gérard Houllier n'hésitera pas à parler "d'un crime contre l'équipe". Celui qui évolue alors sous le maillot du PSG avait eu le tort d'étaler ses états d'âmes dans L'Equipe la veille de la rencontre. Une sortie qui lui vaudra d'être remplaçant pour cette rencontre cruciale. Dans son autobiographie publiée quelques années plus tard, Ginola n'hésitera pas à déclarer que son sélectionneur de l'époque l'a "crucifié". Une cicatrice toujours ouverte Les différents acteurs de la rencontre sont revenus sur cette fameuse action de la 90e minute de jeu. Le principal intéressé, David Ginola, donnera sa version des faits à ESPN : "ll y avait du vent, j'ai voulu appuyer le centre et il est trop long. Le ballon était loin du but, à aucun moment je n'ai pensé que les Bulgares pouvaient remonter aussi vite et marquer." Vincent Guérin, dernier joueur à avoir transmis le ballon à Ginola, fait part de sa volonté de temporiser le jeu : "Je crois qu'on avait intérêt à gagner un peu de temps, c'est ce que j'ai essayé de faire en jouant à deux. Mais bon, je ne pensais peut-être pas que David (Ginola) allait centrer de suite." D'autres, comme Alain Roche, à la lutte avec Kostadinov sur l'action, plaident coupable : "C'est de ma faute. Je suis autant responsable que d'autres qui ont été accusés". Kostadinov a bien failli ne jamais disputer ce match Emil Kostadinov, comme son coéquipier Lubo Penev ne bénéficient pas de visa pour se rendre en France. Leur compatriote Georgi Georgiev, qui évolue alors à Mulhouse, se charge de leur faire passer la frontière, de nuit, sur le Rhin. Les deux hommes prennent ensuite un avion le lendemain en bénéficiant du laxisme d'un fonctionnaire français. Les Bulgares auront eu le mérite de faire fructifier cette qualification en effectuant le meilleur parcours de leur histoire en Coupe du Monde avec une demi-finale (défaite 1-2 contre l'Italie).    
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant