France-Bernard Tapie dit être "ruiné" et "abattu"

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    * L'homme d'affaires dénonce la "haine" des magistrats 
    * Il se déclare incapable de rembourser 404 millions d'euros 
 
    PARIS, 4 décembre (Reuters) - Bernard Tapie se dit, dans un 
entretien publié vendredi par Le Monde, "abattu" à la suite de 
sa condamnation à rembourser 404 millions d'euros mais aussi 
"ruiné" et par conséquent incapable de payer les sommes dues. 
    L'homme d'affaires, son épouse, leurs sociétés et leurs 
liquidateurs judiciaires doivent verser les montants perçus en 
vertu de l'arbitrage qui a soldé en 2008 leur litige avec le 
Crédit Lyonnais sur la revente d'Adidas.  ID:nL8N13S33S  
    "Pourquoi tant de haine ? Parce que vraiment, quand on lit 
le jugement, on sent que je leur ai inspiré de la haine, aux 
magistrats", affirme-t-il dans l'interview publiée sur le site 
internet du quotidien, au lendemain de sa condamnation. 
    "On est dans un principe politique qui s'apparente à la 
Corée du Nord. Il ne faut plus que je respire... J'ai été le 
symbole de quelque chose, et maintenant cette chose, il faut la 
détruire", ajoute Bernard Tapie. 
    L'ex-ministre déclare ne pas avoir perçu les sommes 
"astronomiques" à ses yeux qui lui sont demandées par la 
justice. 
    Aux 404 millions s'ajoutent les intérêts au taux légal 
depuis 2008, ainsi que le coût de la procédure d'arbitrage - 
estimé à plus d'un million d'euros - et les frais de justice, 
soit 300.000 euros supplémentaires. 
     
    "MACHIAVELIQUE" 
    "Je n'ai pas touché ces 405 millions d'euros. Sinon, à la 
limite, il n'y aurait pas de problème ! Sans compter qu'ils me 
comptent les intérêts, plus le coût de l'arbitrage", juge-t-il. 
    "Le groupe Bernard Tapie (GBT) a perçu exactement 245 
millions. Moi personnellement, 45 millions, j'en ai donné la 
moitié à ma femme, c'était la moindre des choses, j'en ai donc 
gardé la moitié, et sur cette moitié, c'est-à-dire 22, j'en ai 
mis 20 dans le compte courant de La Provence", selon l'homme 
d'affaires, devenu propriétaire du quotidien régional en 2013. 
    Bernard Tapie dit être "ruiné de chez ruiné". "Tout va y 
passer. Tout." 
    Son avocat Me Emmanuel Gaillard a annoncé jeudi qu'il 
comptait se pourvoir en cassation mais ce pourvoi n'est pas 
suspensif et le Consortium de réalisation (CDR), structure 
publique qui gère le passif du Crédit Lyonnais, à l'origine de 
la procédure, peut immédiatement exiger le remboursement des 
sommes versées. 
    Plus de vingt ans après les faits, la cour d'appel de Paris 
a rejugé le fond de l'affaire, après avoir annulé le 17 février 
dernier la sentence arbitrale de 2008, désormais soupçonnée 
d'avoir été une escroquerie.  
    Le conseil de Bernard Tapie avait demandé le 29 septembre 
entre 516 millions et 1,174 milliard d'euros de réparation pour 
son client au titre du préjudice matériel, et 50 millions 
d'euros pour le préjudice moral. 
    L'homme d'affaires ne percevra finalement qu'un euro 
symbolique à ce titre, pour un seul point de la procédure. 
    "C'est à la fois humiliant et machiavélique", estime-t-il au 
sujet de cet euro. 
     
 
 (Simon Carraud, avec Chine Labbé; Edité par Pierre Sérisier) 
 
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