France-Berger attend des aménagements du débat sur la loi Travail

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    PARIS, 3 mai (Reuters) - Il reste des points à traiter dans 
la réforme du Code du travail, notamment sur le périmètre des 
licenciements économiques, mais le texte en cours d'examen à 
l'Assemblée est équilibré, réaffirme Laurent Berger, qui plaide 
pour un "syndicalisme constructif." 
    Dans une interview à paraître mercredi dans Le Figaro, le 
secrétaire général de la CFDT critique la radicalisation de la 
CGT, qui réclame le retrait du texte avec Force ouvrière, 
notamment, et impute en partie "l'état d'affrontement dans le 
pays" à l'incapacité du gouvernement à "expliquer le monde dans 
lequel on est". 
    "La première version du texte était inacceptable. Elle a été 
réécrite, grâce notamment à l'action de la CFDT. Mais il reste 
des points à traiter, comme le périmètre des licenciements 
économiques qui doit être européen, et non français", dit 
Laurent Berger. 
    Le gouvernement n'est en rien certain d'avoir une majorité 
pour faire voter le 17 mai en première lecture à l'Assemblée 
nationale ce qui devrait être la dernière grande réforme du 
quinquennat.   
    "Sur le fond, nous soutenons la philosophie du texte car 
créer de la norme au plus près des entreprises, par la 
négociation collective, est une bonne chose", répète le 
dirigeant de la CFDT. 
    "À la CFDT, nous ne sommes pas dans une vision où il y 
aurait forcément des perdants et des gagnants: pour nous, les 
performances économique et sociale sont liées, les entreprises 
qui veulent perdurer doivent conjuguer les deux", explique-t-il. 
"Tout dépendra de l'engagement des acteurs dans les entreprises. 
Nous assumons ce risque." 
    "Nous menons un syndicalisme constructif. Nous ne nous 
contentons pas d'être le relais des mécontentements, nous 
faisons des propositions", poursuit-il dans une pique à la CGT. 
    "La CFDT progresse dans les élections professionnelles, y 
compris depuis deux mois, et la polémique sur la loi. Je crois 
que les salariés aspirent à un syndicalisme constructif. 
Peut-être verra-t-on en 2017 que le syndicalisme dans ce pays 
est mené par les réformistes", ajoute-t-il alors que la CFDT a 
été la cible d'attaques lors du récent congrès de la CGT. 
    "Je n'aurais jamais laissé les participants à un congrès de 
la CFDT attaquer de la sorte la CGT. (...) Tout cela ne grandit 
pas le syndicalisme. La CGT a choisi de s'éloigner de sa ligne 
du syndicalisme rassemblé de l'époque Thibault. C'est son 
problème. J'ai des relations cordiales avec Philippe Martinez, 
mais nous n'avons plus de travaux en commun. Pour l'instant." 
 
 (Sophie Louet) 
 
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