France-Bercy défend sa discipline pour le budget 2017

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    * Objectifs de croissance et déficit confirmés 
    * Toutes les nouvelles mesures seront financées 
    * Pas de nouvelle baisse du taux de prélèvements 
    * Le gouvernement vise toujours une stabilisation de la 
dette 
 
    PARIS, 20 septembre (Reuters) - Le gouvernement français a 
confirmé mardi tabler sur une croissance de 1,5% pour l'économie 
en 2017 et viser un déficit public ramené à 2,7% du PIB en 
dévoilant un scénario macroéconomique sans surprise pour le 
dernier projet de loi de finances du quinquennat. 
    Le ministre des Finances Michel Sapin a maintenu ces 
objectifs en assurant que l'ensemble des nouvelles mesures 
annoncées depuis début 2016 en faveur des jeunes, des 
enseignants, de la sécurité, de l'emploi, dont il a chiffré le 
coût à 5,7 milliards d'euros, seraient financées. 
    S'y ajoutent la nouvelle baisse de l'impôt sur le revenu 
annoncée début septembre   pour un milliard d'euros 
et une poursuite de celle la fiscalité des entreprises, même si 
son impact se fera sentir surtout sur 2018. 
    Bercy s'en est tenu à une prévision de croissance de 1,5% 
l'an prochain, un peu au-dessus des attentes des institutions 
internationales (entre 1,2% et 1,4%). 
    Michel Sapin a fait valoir que, avant l'été, "tout portait à 
croire" que cette prévision de 1,5% serait dépassée" et que les 
derniers développements "semblent montrer" que les effets du 
"Brexit" sur l'environnement international de la France "seront 
moins notables que les premières estimations.  
    S'agissant du respect de l'objectif de déficit public à 
moins de 3% promis à l'Union européenne, il a rappelé que le 
gouvernement avait annoncé dès le printemps qu'il lui faudrait 
prendre cinq milliards de mesures de redressement 
supplémentaires en 2017. 
     
    IRRESPONSABILITÉ DE LA DROITE 
    "Cet effort sera réalisé. De même que seront financées les 
mesures décidées depuis avril", a-t-il dit. 
    Alors que la droite accuse le gouvernement d'accumuler les 
factures impayées, le ministre des Finances a accusé ses 
dirigeants, en pleine bagarre pour la primaire en vue de la 
présidentielle  , de vouloir laisser filer les 
déficits en cas de retour au pouvoir, au risque de 
décrédibiliser la parole de la France. 
    "Le sérieux budgétaire de ces quatre dernières années nous a 
permis de regagner l'estime de nos partenaires européens et de 
faire entendre la voix de la France, il serait dramatique que 
nos efforts soient effacés en quelques mois par 
irresponsabilité", a-t-il indiqué. 
    En attendant, il a annoncé que le gouvernement avait décidé 
de relever à +2,1% l'Objectif national des dépenses d'assurance 
maladie pour 2017, contre 1,75% prévu précédemment, - soit un 
impact de 700 millions d'euros - pour tenir compte des 
conséquences en année pleine de la hausse du point d'indice de 
la grille salariale de la fonction publique hospitalière. 
    Anticipant ce développement, le président de la Cour des 
comptes, Didier Migaud, qui présentait mardi un rapport sur la 
Sécurité sociale, a déclaré qu'un tel scénario "pourrait être 
compris comme le signal d'un relâchement plus durable de 
l'évolution des dépenses".   
     
    CHARGE D'INTÉRÊT REVUE EN BAISSE 
    L'Etat doit également assumer l'an prochain une baisse de 
moitié, à 1,2 milliard d'euros, de la contribution des 
collectivités locales à l'effort sur les dépenses publiques 
  consentie début juin. 
    Pour honorer ces engagements, Bercy va demander 1,5 milliard 
d'euros d'économies supplémentaires à la Sécurité sociale, selon 
des modalités qui devraient être dévoilées en fin de semaine. 
    Par rapport à la trajectoire des finances publiques publiée 
en avril, il compte aussi encore économiser 1,2 milliard sur la 
charge d'intérêts de la dette de l'Etat du fait de la faiblesse 
persistante des taux d'intérêt. 
    Il prévoit en outre d'engranger autant de recettes qu'en 
2016 grâce à la lutte contre la fraude fiscale, soit 1,9 
milliard d'euros. 
    Michel Sapin a démenti que le gouvernement ait recours à des 
artifices, comme un durcissement du dernier acompte d'impôt sur 
les sociétés en fin d'année, pour boucler son 
budget.  
    "Cette mesure ne concerne que les 1.000 plus grandes 
entreprises. Ceci ne change rien pour ces dernières (...) et 
surtout ceci ne change rien pour l'année 2018 puisque le montant 
dû pour cette année-là sera également bien payé en 2018". 
    L'effet décalé dans le temps des nouvelles baisses d'impôt 
fait que le taux des prélèvements obligatoires devrait rester 
stable en 2017 à 44,5% du PIB alors que le gouvernement visait à 
l'origine 44,2%. 
    Mais Michel Sapin a confirmé l'objectif d'une stabilisation 
de la dette publique autour de 96% du PIB l'an prochain.  
 
 (Yann Le Guernigou, avec Leigh Thomas et Michel Rose, édité par 
Yves Clarisse) 
 
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  • M8587219 il y a 6 mois

    Il a un cap... et sans doute un agenda: çà me fait penser à quelqu'un qui a fait du... pédalo ces dernières années!!

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