France-Baupin réfute les accusations de harcèlement sexuel

le , mis à jour à 13:57
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    * Des témoignages mais aucune plainte déposée à ce jour 
    * Baupin démissionne de la vice-présidence de l'Assemblée 
    * Il réfute toutes les accusations 
 
 (Actualisé avec démission, communiqué) 
    PARIS, 9 mai (Reuters) - Le député de Paris Denis Baupin a 
démissionné lundi de la vice-présidence de l'Assemblée nationale 
après avoir été accusé par des responsables et élues écologistes 
de gestes déplacés assimilables à du harcèlement ou à des 
agressions sexuels. 
    Les témoignages diffusés lundi par France Inter et le site 
d'informations Mediapart portent sur des faits remontant jusqu'à 
la fin des années 1990 même si, soulignent les deux médias, 
aucune plainte n'a été déposée à ce jour. 
    Denis Baupin, accusé par des personnalités d'Europe 
Ecologie-Les Verts (EELV), un parti qu'il vient de quitter sur 
des désaccords politiques, a fait savoir lundi qu'il 
démissionnait de la vice-présidence de l'Assemblée nationale 
pour pouvoir se défendre de ces accusations qu'il réfute. 
    "A la suite de sa mise en cause dans la presse, Monsieur 
Denis Baupin entend souligner que les allégations délictueuses, 
présentées comme prescrites, sont mensongères, diffamatoires et 
qu'elles ne reposent sur aucun fondement", peut-on lire dans un 
communiqué diffusé par son avocat. 
    "Monsieur Denis Baupin conteste fondamentalement l'idée de 
harcèlement sexuel et plus encore d'agression sexuelle, lesquels 
lui sont totalement étrangers", ajoute ce texte. 
    Sandrine Rousseau, porte-parole d'EELV, indique que Denis 
Baupin l'a "plaquée contre le mur en (la) tenant par la poitrine 
et à cherché à (l)'embrasser" en octobre 2011. 
    La députée Isabelle Attard rapporte de son côté avoir reçu 
des dizaines de SMS de l'intéressé entre 2012 et décembre 2013, 
quand elle a décidé de quitter EELV sur un désaccord politique. 
"C'était du harcèlement quasi quotidien de SMS provocateurs, 
salaces", témoigne-t-elle. 
     
    EELV MINÉ PAR LES DIVISIONS 
    France Inter et Mediapart ont recueilli huit témoignages, 
dont certains anonymes, mettant en cause le député de Paris, 
époux de la ministre du Logement Emmanuelle Cosse, elle aussi en 
rupture de ban d'EELV. 
    Il apparaît en outre, selon certains témoignages, que son 
comportement présumé était connu à l'intérieur d'un parti réputé 
pour sa défense des droits des femmes. 
    "Je suis abasourdi. Ce sont des accusations extrêmement 
graves qui sont portées", a réagi le député vert François de 
Rugy, un proche de Denis Baupin qui a lui aussi quitté EELV.  
    "Si ces faits sont avérés, il doivent bien sûr être 
condamnés et c'est à la justice d'établir la vérité des faits, 
et je pense que Denis Baupin aura l'occasion de dire les choses, 
de s'exprimer", a-t-il déclaré sur France Inter. 
    François de Rugy a reconnu être intervenu dans le passé 
auprès de Denis Baupin pour faire cesser des messages dénoncés 
par une collaboratrice du groupe EELV de l'Assemblée, parlant de 
"propos un peu équivoques" mais rien qui soit assimilable à du 
"harcèlement ou encore moins de l'agression". 
    Ces accusations sont lancées alors que Denis Baupin vient 
d'annoncer sa démission d'EELV, un parti profondément divisé 
autour du soutien à la majorité gouvernementale et miné par les 
défections, dont celles de trois responsables qui ont fait leur 
entrée en février dans le gouvernement. 
    Le chef de file des députés socialistes, Bruno le Roux, a 
estimé qu'il devait s'expliquer sur ces faits "très graves". 
    "Je remarque qu'il n'a pas souhaité répondre pour l'instant. 
Il doit s'exprimer et donner sa vision des faits, se défendre. 
Je souhaite qu'il dise sa vérité sur cette affaire", a-t-il dit, 
en estimant que la question de la démission de Denis Baupin 
allait "se poser au président de l'Assemblée nationale".  
 
 (Yann Le Guernigou, avec Emile Picy, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • dotcom1 le lundi 9 mai 2016 à 14:39

    C'est le Jean-Paul Dus de la politique, il pensait que ca pouvait marcher sur un malentendu.

  • bordo le lundi 9 mai 2016 à 12:51

    Allez, hop ! Baupin dans le Larzac avec les chèvres !