France-Bataille de chiffres sur la mobilisation anti-loi Travail

le , mis à jour à 23:07
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    * Les anti-loi Travail revendiquent plus d'un million de 
manifestants 
    * La police en compte moins de 80.000 
    * Des incidents à Paris 
    * Cazeneuve dénonce des "sauvageons" en marge du cortège 
 
 (Actualisé avec nouveaux incidents) 
    PARIS, 14 juin (Reuters) - Des dizaines de milliers de 
personnes ont manifesté mardi à Paris à l'appel de la CGT et de 
Force ouvrière (FO), qui voulaient montrer que l'opposition à la 
loi Travail ne plie pas, mais la mobilisation donne lieu à une 
bataille de chiffres. 
    FO a revendiqué en fin de journée un million de manifestants 
dans la capitale, tandis que la police dénombrait 75.000 à 
80.000 personnes.  
    La CGT a évalué pour sa part le nombre des manifestants à 
1,3 million dans toute la France et le ministère de l'Intérieur 
à 125.000 à 130.000, dont 50.000 en province.  
    Les sept organisations syndicales et de jeunesse mobilisées 
espéraient une participation supérieure à celle du 31 mars, qui 
avait marqué un pic avec 400.000 manifestants en France selon la 
police, et 1,2 million selon les syndicats.  
    Fort de cette nouvelle mobilisation, qui a été émaillée 
d'incidents provoqués par des "casseurs", "le gouvernement a 
tort de ne pas vouloir discuter et de faire des a priori à toute 
discussion", a déclaré Philippe Martinez, secrétaire général de 
la CGT, à la presse. 
    "J'espère que vendredi, on enlèvera tous ces a priori et que 
la discussion permettra d'avancer", a-t-il dit en évoquant sa 
rencontre prévue avec la ministre du Travail Myriam El Khomri. 
    Pour la "manifestation nationale" dans la capitale, une 
foule nombreuse s'est ébranlée de la place d'Italie jusqu'aux 
Invalides, derrière une pancarte proclamant "Pour le retrait. 
Pour de nouveaux droits". 
    Une fois de plus, plusieurs centaines de jeunes cagoulés 
d'extrême gauche se sont livrés à des débordements en se livrant 
dès le départ du cortège à des dégradations et en lançant des 
projectiles sur les forces de l'ordre. 
    Des heurts se sont poursuivis notamment devant l'hôpital 
Necker, qui accueille des enfants malades et où des vitres ont 
été brisées, devant le musée de l'armée, ainsi que sur 
l'esplanade des Invalides.  
     
    "UN POLICIER, UNE BALLE" 
    Tout au long du défilé, des poubelles ont été brûlées, des 
vitrines brisées, et les policiers ont répliqué avec des gaz 
lacrymonèges et des canons à eau. 
    Selon la préfecture de police de Paris, 58 personnes ont été 
interpellées pour jets de projectiles et dégradations, notamment 
pris sur un chantier, et port d'arme prohibée. Vingt-neuf 
policiers et ont manifestants ont été également blessés. 
    Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a dénoncé des 
"sauvageons" qui ont crié leur haine de la police alors que deux 
fonctionnaires ont été tués lundi à Magnanville (Yvelines), lors 
d'une attaque revendiquée par l'Etat islamique (EI). 
    "Nous avons vu des manifestants crier 'un policier, une 
balle' (...) après ce qui s'était passé hier. Cela n'a que trop 
duré !", a-t-il dit sur France 2. 
    Bernard Cazeneuve leur a également reproché d'avoir brisé 
des vitres de l'hôpital Necker alors que l'enfant des policiers 
tués dans les Yvelines y a été admis. 
    Dans la soirée, 150 à 200 manifestants cagoulés et vêtus de 
noir ont brisé des panneaux publicitaires et incendié deux 
véhicules du service Autolib, rue Saint-Maur, dans le XIe 
arrondissement de Paris, a-t-on constaté sur place.  
    L'afflux de manifestants venus de province à Paris n'a pas 
empêché la tenue de défilés dans quelques autres villes. 
    Entre 6.000 personnes, selon la police, et 30.000 selon les 
syndicats, ont ainsi défilé à Toulouse (Haute-Garonne), pour 
demander le retrait de la loi Travail.  
    "Nous ne perdons pas espoir de faire plier le gouvernement 
car on a déjà vu dans le passé des lois votées mais pas mise en 
application", a déclaré Bernard Dedeban, secrétaire 
départemental de la FSU. 
    A Marseille, environ 140.000 personnes ont également 
manifesté, selon la CGT, et seulement 5.000 selon la police. A 
Lyon, la police a dénombré 3.800 manifestants et les syndicats 
9.000. 
    Le terme de "baroud d'honneur" a été récusé à la fois par 
Philippe Martinez et Jean-Claude Mailly, le dirigeant de Force 
ouvrière, les deux syndicalistes rappelant que deux autres 
journées de manifestations sont prévues, les 23 et 28 juin. 
    Des grèves, notamment contre la loi Travail, se sont 
poursuivies en France, notamment à la SNCF, où la direction 
comptabilisait 7,3% de grévistes au 14e jour de grève, contre 
4,6% lundi.  
    Air France prévoyait d'assurer près de 80% de ses vols au 
dernier jour d'une grève qui mobilisait 27% de pilotes, selon la 
compagnie.  
    Les syndicats de pilotes, qui appellent à défendre l'emploi 
et les conditions de rémunérations, étudient "les suites à 
donner au mouvement". 
    La tour Eiffel et le château de Versailles étaient fermés au 
public en raison de la grève.  
 
 (Myriam Rivet, avec Emmmanuel Jarry et service France) 
 
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