France-Bartolone prône le vote obligatoire après les attentats

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PARIS, 15 avril (Reuters) - Le président de l'Assemblée nationale, le socialiste Claude Bartolone, a proposé mercredi l'instauration du vote obligatoire dans un rapport sur les moyens de retisser le lien civique, commandé par François Hollande après les attentats de janvier. "La démocratie, ça s'entretient", a-t-il dit après avoir remis son rapport au président français, qui avait demandé au Parlement de réfléchir sur "l'engagement citoyen et l'appartenance républicaine" après ces attentats commis par des ressortissants français au nom de l'islam. Claude Bartolone et le président du Sénat, l'UMP Gérard Larcher, devaient travailler ensemble mais le premier avait fâché le second en prônant la fusion entre le Sénat et le Conseil économique, social et environnemental (CESE). Ils ont décidé de présenter des rapports séparés. Dans son rapport, élaboré par une mission de réflexion composée de membres de tous les groupes de l'Assemblée, Claude Bartolone présente 61 propositions, dont l'instauration du vote obligatoire pour toutes les élections. Il rappelle que le groupe PS avait déposé il y a 12 ans une proposition de loi en faveur du vote obligatoire, notamment pour lutter contre l'abstention. "La citoyenneté c'est un droit mais c'est aussi un devoir", affirme-t-il en rappelant que le vote est obligatoire dans d'autres pays de l'UE, comme la Belgique. Des députés écologistes ont présenté il y a quelques semaines une proposition en ce sens qui a été critiquée de part et d'autre de l'échiquier politique. Parmi ses 61 propositions, le président de l'Assemblée propose également des missions citoyennes de terrain pour les élèves des grandes écoles, l'Ena notamment, ou bien encore une cérémonie d'entrée dans la citoyenneté lors de la remise de la carte d'électeur. De son côté, Gérard Larcher estime que le renforcement de l'engagement républicain et celui du sentiment d'appartenance à la Nation sont "indéfectiblement liés". Le président du Sénat confirme son soutien à la loi de 1905 sur la séparation de l'Etat et des Eglises tout en affirmant que l'Etat "ne doit pas ignorer le fait religieux et doit prendre ses responsabilités dans l'organisation des cultes". Pour l'élu UMP, les pouvoirs publics doivent "leur demander de se situer moralement dans l'espace public tel que le définissent la Constitution et les lois de la République". S'il juge l'islam "compatible avec la République", il demande que "la République fasse avec lui ce qu'il a fait il y a 110 ans avec le catholicisme". (Emile Picy, édité par Yves Clarisse)

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