France-Barbarin nie avoir couvert des actes de pédophilie

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    * "Il y a quelque chose à revoir", selon le cardinal 
    * Manuel Valls l'exhorte à prendre "ses responsabilités" 
 
    PARIS, 15 mars (Reuters) - Le cardinal Philippe Barbarin 
s'est défendu mardi d'avoir couvert des actes de pédophilie 
commis par des prêtres sous son autorité, tout en reconnaissant 
que l'Eglise catholique devait s'interroger sur les procédures à 
l'oeuvre en pareil cas. 
    "Jamais, jamais, jamais je n'ai couvert le moindre acte de 
pédophilie", a déclaré l'archevêque de Lyon lors d'une 
conférence de presse organisée en marge d'une réunion des 
évêques de France, à Lourdes. 
    Le scandale de pédophilie en question, qui a conduit à 
l'ouverture d'une enquête préliminaire pour "non dénonciation de 
crime" et "mise en danger de la vie d'autrui" à Lyon, a soulevé 
une vague d'émotion, y compris hors de l'Eglise. 
    Interrogé mardi matin sur RMC, le Premier ministre, Manuel 
Valls, a dit attendre de la "clarté" et "des actes" de la part 
des autorités ecclésiastiques. 
    Le chef du gouvernement a également exhorté le cardinal à 
prendre "ses responsabilités". "Il faut qu'il entende aussi 
cette douleur", a-t-il encore déclaré. 
    Lors de sa conférence de presse, Philippe Barbarin a répondu 
qu'il prenait bien ses responsabilités. "Ça fait 17 ans que je 
suis évêque. Deux fois, j'ai eu une dénonciation d'actes (...) 
et immédiatement j'ai suspendu le prêtre", s'est-il justifié. 
    La principale affaire qui ébranle le diocèse de Lyon a 
démarré avec une enquête visant le père Bernard Preynat, 
aujourd'hui âgé de 70 ans, accusé de pédophilie sur des scouts 
et mis en examen en janvier dernier. 
    Les faits dénoncés par un groupe de scouts de 
Sainte-Foy-les-Lyon remontent aux années 1970 à 1990, mais seuls 
les plus récents, commis à partir de 1986 et qui échappent à la 
prescription, ont été retenus par la justice. 
    "Que faire avec tous ces faits anciens ? Et c'est là 
peut-être que nous avons à dire que, même pour des faits 
anciens, une prescription juridique du droit français, du point 
de vue pastoral, ne vaut pas", a dit le primat des Gaules. 
    "Nous voyons bien, (...) qu'il y a quelque chose à revoir et 
à reprendre en profondeur et, à mon avis, avec des conseillers 
externes", a-t-il également estimé.  
    Le Figaro a publié dans son édition de mardi le témoignage 
d'une victime présumée, qui dit avoir été victime 
d'attouchements commis par un autre prêtre au début des années 
1990 et accuse le cardinal Barbarin de n'avoir pris aucune 
mesure pour éloigner son agresseur des enfants. 
    "C'est avec douleur que le cardinal Barbarin se voit accusé 
aujourd'hui de manière aussi injustifiée, tant il est évident 
qu'en aucun cas il n'a ni mis en danger la vie d'autrui", a 
répondu l'archevêque dans un communiqué publié lundi. 
 
 (Simon Carraud et Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse) 
 
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