France-Banier dément avoir profité de la faiblesse de Bettencourt

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* Banier estime que Liliane Bettencourt avait toute sa tête * Il dit avoir été riche avant de la connaître (Actualisé avec interrogatoire de Banier) BORDEAUX, 28 janvier (Reuters) - Le principal bénéficiaire des largesses de Liliane Bettencourt, le photographe François-Marie Banier, a déclaré mercredi avoir été riche avant de rencontrer l'héritière de L'Oréal, dont il a démenti avoir profité de la faiblesse pour obtenir de l'argent. Le procès des dix personnes accusées d'abus de faiblesse au détriment de la femme la plus riche de France a repris mercredi à Bordeaux après deux jours de bataille de procédure. Le tribunal a décidé de joindre au fond les demandes de report formulées par certains avocats de la défense qui jugent notamment que l'instruction s'est faite à charge. C'est uniquement si ces demandes sont rejetées à la fin des cinq semaines du procès que les juges pourront rendre leur décision, qui sera mise en délibéré. ID:nL6N0V71VG L'interrogatoire de personnalité de François-Marie Banier, un photographe de 67 ans ami de Liliane Bettencourt, qu'il a connue dans les années 1960, a marqué le vrai début du procès. L'homme, qui a reçu des centaines de millions d'euros de la milliardaire et est accusé d'abus de faiblesse, de blanchiment d'abus de faiblesse et d'escroquerie aggravée, a dit avoir été riche grâce, notamment, à ses liens avec les couturiers Pierre Cardin et Yves Saint-Laurent. "J'avais de l'argent quand j'ai connu Liliane", a-t-il dit en expliquant avoir créé les noms de deux parfums "parmi les plus vendus au monde", dont les royalties lui ont permis d'amasser une fortune constituée d'immobilier et d'œuvres d'art. "INCONSÉQUENCE" Il a reconnu avoir reçu beaucoup d'argent de l'héritière de L'Oréal mais nié avoir profité de sa faiblesse. "C'est parce que ça lui faisait plaisir, elle me l'a dit", a-t-il déclaré. "Liliane ne voulait pas que je m'occupe d'argent. C'est peut-être inconséquent mais être inconséquent ce n'est pas un délit." "On ne parle que d'argent mais Liliane avait toute sa tête. Elle n'avait rien à voir avec ce personnage fantoche dans une affaire de succession qu'on a pu dépeindre", a-t-il ajouté. L'affaire Bettencourt a démarré par une plainte déposée pour abus de faiblesse en décembre 2007 par Françoise Bettencourt-Meyers, la fille de Liliane Bettencourt alors âgée de 85 ans, contre le photographe. Les avocats de Patrice de Maistre, l'ancien gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, et de François-Marie Banier estiment que l'instruction ouverte à Paris pour faux témoignage contre six personnes de l'entourage de Liliane Bettencourt, dont son ancienne comptable Claire Thibout, mise en examen en novembre dernier, jettent une autre lumière sur le procès. Claire Thibout a dit avoir préparé des enveloppes d'argent au profit de l'ancien ministre Eric Woerth pour financer la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. L'ancien président, qui avait été mis en examen, a bénéficié d'un non-lieu. Patrice de Maistre doit répondre de plusieurs accusations, notamment celle d'avoir bénéficié de libéralités pour un montant de plus de 8 millions d'euros et d'avoir retiré de fortes sommes d'argent des comptes en Suisse de Liliane Bettencourt dont une partie aurait été reversée à Eric Woerth. L'homme d'affaires Stéphane Courbit, qui avait obtenu de la milliardaire un investissement 143,7 millions d'euros dans son groupe Lov Group Industrie de paris en ligne, a trouvé un accord de restitution de cette somme avec la famille Bettencourt à la veille du procès. Alain Thurin, un ancien infirmier de Liliane Bettencourt qui a tenté dimanche de mettre fin à ses jours par pendaison dans un bois près de son domicile dans l'Essonne, se trouve "dans un coma peu réactif, patient intubé et sédaté", a dit le président du tribunal mercredi. (Claude Canellas, édité par Yves Clarisse)

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