France-Balladur met en garde Sarkozy pour la présidentielle

le , mis à jour à 19:28
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PARIS, 8 juin (Reuters) - L'ancien Premier ministre Edouard Balladur, qui fut le mentor de Nicolas Sarkozy, met en garde le président des Républicains contre tout triomphalisme pour la primaire de 2016 à droite en rappelant que le soutien d'un parti ne suffit pas à la victoire. L'ancien chef de l'Etat, dont la cote de confiance auprès des Français décline, a comparé à Edouard Balladur Alain Juppé, son rival le plus sérieux pour l'investiture présidentielle, après que ce dernier eut revendiqué l'appui de l'opinion. "J'en suis flatté, j'ignore s'il l'est aussi. Comme à l'époque, ce qui est en jeu, c'est de proposer, non un immobilisme prétendument social, mais une réforme ambitieuse, et de ne pas décevoir aussitôt élu", déclare Edouard Balladur dans une interview diffusée lundi sur le site de L'Opinion. L'ancien Premier ministre, favori des sondages pour la présidentielle de 1995 face à Jacques Chirac, alors président du RPR, avait été éliminé dès le premier tour, son rival l'emportant finalement aux dépens du socialiste Lionel Jospin. "Comme à l'époque, si le soutien d'un parti est indispensable, celui de l'opinion ne l'est pas moins. N'oublions pas qu'en 1974, c'est celui qui avait le soutien du parti qui a perdu!", souligne Edouard Balladur, évoquant le duel à droite entre Valéry Giscard d'Estaing, vainqueur de la présidentielle face à François Mitterrand, et Jacques Chaban-Delmas, candidat de l'UDR. "Nicolas Sarkozy a le parti. Moi, pour l'instant j'ai l'opinion, et j'organise ma petite PME. Parfois il arrive que des PME performantes soient plus efficaces que des grandes entreprises du CAC 40", avait déclaré le 31 mai Alain Juppé au "Grand Rendez-vous" Europe 1/iTELE/Le Monde, au lendemain d'un congrès houleux où des militants sarkozystes l'avaient sifflé. Réplique le soir même de Nicolas Sarkozy sur France 2 : "Ce n'est pas moi qui vais en vouloir à Alain Juppé de dire cela, puisqu'il m'était arrivé de dire la même chose lorsque je soutenais Edouard Balladur contre Jacques Chirac, avec le résultat que vous connaissez". Alain Juppé a depuis répété ne pas vouloir "refaire le match de 1995". (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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