France-Baisse modérée du niveau de vie médian avec la crise-Insee

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    * La crise a pesé sur le niveau de vie et favorisé la 
pauvreté 
    * Des évolutions plus modérées que dans d'autres pays 
européens 
    * Les ménages les plus modestes ont été les plus touchés 
    * Quasi-stabilité des écarts de niveau de vie sur 2008-2013 
 
    par Myriam Rivet 
    PARIS, 28 juin (Reuters) - Le niveau de vie médian des 
Français a connu un recul modéré sous l'effet de la crise 
économique de 2008, qui s'est soldée en France métropolitaine 
par une hausse de la pauvreté moins marquée que dans d'autres 
pays d'Europe, d'après des données présentées mardi par l'Insee. 
    Entre 2008 et 2013, les inégalités en matière de niveau de 
vie sont restées relativement stables, même si les écarts ce 
sont accentués dans les premières années suivant la crise avant 
de se réduire à nouveau à partir de 2011, selon cette étude sur 
les revenus et le patrimoine des ménages français. 
    Sur cette même période de cinq ans, le niveau de vie médian 
d'une famille composée d'un couple avec deux enfants de moins de 
14 ans a reculé de 1,1% pour atteindre 20.000 euros annuel, soit 
1.667 euros par mois, en 2013. 
    "Ce n'est pas la première fois que (ce niveau de vie médian) 
diminue, c'était déjà le cas entre 2002 et 2004, mais c'est la 
première fois que cela dure aussi longtemps", a précisé Julie 
Labarthe, chef de la division revenus et patrimoine des ménages 
de l'Insee, lors d'une conférence de presse. 
    Ce recul de 1,1% en cinq ans, qui correspond à une baisse de 
0,2% en moyenne annuelle, représente "une diminution limitée, 
qui est très pondérée par rapport à ce qu'on peut observer dans 
d'autres pays européens", a-t-elle précisé.  
     
    "AMORTISSEUR SOCIO-FISCAL" 
    Alors que les écarts se sont creusés en Europe, les 
inégalités de niveau de vie ont connu une quasi-stabilité en 
France sur la période 2008-2013, mais cette évolution recouvre 
deux phases distinctes.  
    Les trois premières années post-crise ont été marquées par 
une accentuation des écarts, avec un repli plus marqué des 
revenus les plus modestes, pénalisés par la hausse du chômage et 
une forte augmentation des très hauts revenus, la reprise de 
2010-2011 ayant davantage profité aux revenus du patrimoine, aux 
revenus des indépendants et aux salaires. 
    Même si cette tendance à l'accroissement des inégalités a 
été atténuée par les transferts fiscaux et sociaux (prestations 
sociales et assurance chômage), les écarts ont atteint en 2011 
le niveau le plus élevé observé sur la période 1996-2011. 
    Après cette date, les déséquilibres se sont réduits du fait 
d'une forte diminution du niveau de vie des ménages les plus 
aisés entre 2011 et 2013. 
    Outre un net repli des revenus du patrimoine, entre 2012 et 
2013, ces ménages ont également vu leurs revenus d'activité 
diminuer en 2012 et ils ont été les plus concernés par la hausse 
de la fiscalité entre 2011 et 2013.  
    Malgré tout "ce sont les plus modestes qui ont le plus été 
impactés par la crise, avec une baisse sur cinq ans de 3,5%, ce 
qui correspond à une baisse du niveau de vie mensuel de 30 
euros", a souligné Julie Labarthe. 
     
    UN ENFANT SUR CINQ SOUS LE SEUIL DE PAUVRETÉ EN 2013 
    En 2013, 8,6 millions de personnes vivaient en dessous du 
seuil de pauvreté monétaire, défini comme un niveau de vie 
inférieur ou égal à 60% du niveau de vie médian, soit 1.000 
euros par mois pour une personne seule ou 2.100 euros pour un 
couple avec deux enfants de moins de 14 ans.  
    Sur les cinq années ayant suivi la crise, le taux de 
pauvreté monétaire a augmenté de 0,7 point malgré un abaissement 
de 1,1% du seuil de pauvreté et a atteint 14,0% en 2013. 
    Chômeurs, ouvriers et familles monoparentales ou nombreuses 
ont été les premiers concernés par cette hausse de la pauvreté 
monétaire liée à la progression du chômage alimentée par la 
crise et cela s'est directement répercuté sur les plus jeunes : 
en 2013, près d'un enfant sur cinq (19,6%) vivait sous le seuil 
de pauvreté monétaire. 
    "La crise n'a pas changé le profil de la pauvreté mais en a 
accentué certains traits", observe l'Insee.  
 
 (Edité par Sophie Louet) 
 
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