France-Azoulay appelle les intermittents à la responsabilité

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    * Les négociations sur le point de reprendre 
    * Des salles de spectacles occupées 
    * La ministre demande de la "sérénité" 
 
 (Avec déclarations syndicales, contexte) 
    PARIS, 27 avril (Reuters) - La ministre de la Culture, 
Audrey Azoulay, a lancé mercredi un appel à la responsabilité 
aux intermittents du spectacle et à leurs employeurs, quelques 
heures avant la reprise de négociations laborieuses sur le 
régime d'assurance-chômage de ce secteur. 
    Les négociateurs sont censés remettre jeudi au plus tard un 
accord sur les règles d'indemnisation des intermittents et la 
réduction des dépenses de ce système, qui contribue à hauteur 
d'un milliard d'euros au déficit de l'assurance chômage. 
    La reprise des discussions, interrompues lundi soir, était 
prévue à 16h00 au ministère du Travail, alors que des dizaines 
d'intermittents du spectacle occupent les théâtres de l'Odéon et 
de la Comédie française à Paris et plusieurs salles en province. 
    "Il faut que l'intermittence participe aux réformes 
générales sur le système de l'assurance-chômage", a déclaré 
Audrey Azoulay à l'issue du conseil des ministres. "Ce qu'il 
faut, c'est de la sérénité, un dialogue, qui doit se poursuivre 
aujourd'hui et j'espère se conclure ce soir ou cette nuit." 
    Elle a demandé aux négociateurs de ne pas se laisser 
perturber "par des mobilisations qui sont parfois caricaturées 
ou qui, lorsqu'elles empêchent des spectacles (...), ne servent 
pas la cause qu'elles veulent défendre". 
     
    CADRAGE 
    Medef, CGPME et Union professionnelle artisanale côté 
patronal, CFDT, CFTC et CFE-CGC côté syndical, se sont accordés 
le 24 mars au niveau interprofessionnel sur un document de 
cadrage, rejeté par la CGT et Force ouvrière (FO).   
    Ce document demande aux organisations représentant les 
artistes et les techniciens, ainsi que leurs employeurs, de 
s'entendre sur des règles spécifiques d'indemnisation qui, "a 
minima, ne conduisent pas à augmenter l'écart entre celles-ci et 
les règles d'indemnisation du régime de droit commun". 
    Il fixe à au moins 105 millions d'euros par an les économies 
à faire par le régime des intermittents si l'Etat accepte de 
mettre la main à la poche, 185 millions dans le cas contraire.  
    Audrey Azoulay a estimé qu'il fallait arriver "autour d'une 
centaine de millions d'euros" d'économies. 
    Le secrétaire national de la CFDT Culture, René Fontanarava, 
estimait cependant avant la reprise des négociations qu'il y 
avait encore "trop d'incertitude" pour parier sur un accord. 
    Le secrétaire général de la CGT-Spectacle, Denis Gravouil, a 
pour sa part évalué les chances d'un accord à "50-50". 
    "Ou on n'a pas d'accord et on n'aura plus qu'une solution, 
un mouvement de grève", a-t-il dit à Reuters. "Ou on a un accord 
et de toute façon il ne respectera pas la lettre de cadrage." 
    S'il y a accord, il devra en tout état de cause être validé 
à l'échelon interprofessionnel par les organisations patronales 
et syndicales gestionnaires du régime général de l'assurance 
chômage des salariés du secteur privé, qui reprennent jeudi 
leurs propres négociations sur une nouvelle convention. 
    Ces négociations gigognes se déroulent sur fond de tension 
sociale, alors que les syndicats contestataires, CGT et Force 
ouvrière en tête, et une vingtaine d'organisations de jeunesse, 
ont appelé à une nouvelle journée de manifestations et de grèves 
contre le projet de réforme du Code du travail, jeudi. 
 
 (Jean-Baptiste Vey et Emmanuel Jarry, édité par Simon Carraud) 
 
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