France-Avocats toujours en grève, reprise des négociations

le , mis à jour à 17:42
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* Les négociations reprendront mardi * Les avocats veulent une indemnisation plus élevée (Actualisé avec suspension des négociations jusqu'à mardi) PARIS, 26 octobre (Reuters) - Après deux semaines de grèves totales ou partielles dans de nombreux barreaux, les avocats ont durci et étendu lundi leur mouvement à toute la France, parallèlement à la reprise de négociations avec le ministère de la Justice. Le Conseil national des barreaux (CNB) a voté vendredi une grève nationale des audiences et des désignations jusqu'à mercredi en fin de journée. Les négociations avec le ministère de la Justice, qui ont repris lundi, ont été suspendues en milieu de journée et reprendront mardi, a indiqué Roland Rodriguez, le vice-président du CNB. "Nous attendons pour demain du concret, des projections sur les différentes hypothèses de réévaluation" de l'indemnisation des avocats pour l'aide juridictionnelle, a-t-il dit à la presse." Les discussions reprennent demain mais il faut maintenir la pression jusqu'à mercredi", a-t-il ajouté. Selon le CNB, 156 barreaux sur 164 étaient mobilisés lundi, et sur ces 156, 93 observaient une grève totale. Les avocats en colère se sont rassemblés en début d'après-midi autour de leurs bâtonniers dans de nombreux palais de justice. En dépit des concessions de la ministre de la Justice Christiane Taubira, le conflit s'est durci, les avocats étant vent debout contre le projet de réforme de l'aide juridictionnelle qui permet aux plus démunis d'avoir un avocat. LE RECUL DE TAUBIRA INSUFFISANT La ministre leur demandait initialement de contribuer au financement de cette aide en mettant à contribution les caisses des règlements pécuniaires des avocats (Carpa). Pour tenter de désamorcer la fronde, elle a renoncé la semaine dernière aux prélèvements de cinq millions d'euros en 2016 et de 10 millions en 2017 prévus sur ces caisses. Mais les avocats jugent cette concession insuffisante. "Le recul de la garde des Sceaux sur ce prélèvement ne répond pas à l'ensemble des revendications de la profession", dit la motion votée par le CNB. Christiane Taubira défend la nécessité de réformer un système "à bout de souffle", avec un projet qui prévoit une augmentation de budget, de 375 millions d'euros actuellement à 445 millions en 2017, pour pérenniser le système. Mais si le projet vise à en faire profiter plus de justiciables, les avocats dénoncent la baisse globale de leurs revenus engendrées par la réforme du barème des rémunérations versées au titre de l'aide juridictionnelle. "Ça ne peut pas être une grande réforme de l'aide juridictionnelle s'il n'y a pas les moyens qui sont mis sur la table", a déclaré Roland Rodriguez. "La qualité, ça a un coût." Pour le Syndicat des avocats de France (SAF), il "n'est pas acceptable que se retrouvent en difficulté économique les avocats qui acceptent volontairement et sans réserve de défendre les plus précaires". "Cette prise en charge suppose au contraire de développer l'accès au droit, ce qui ne peut se faire sans une augmentation substantielle du budget de l'aide juridictionnelle", écrit-il dans une lettre ouverte. (Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)

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