France-Avancée dans l'enquête sur les moines de Tibéhirine

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    * Des prélèvements effectués en octobre 2014 
    * Satisfaction des familles 
    * Elles dénonçaient une "obstruction" algérienne 
    * Plusieurs pistes vont pouvoir être vérifiées 
 
    PARIS, 10 juin (Reuters) - Les prélèvements effectués en 
2014 par la justice française sur les crânes des moines de 
Tibéhirine, assassinés en Algérie en 1996, viennent d'être 
rapatriés en France, a-t-on appris vendredi auprès d'un avocat 
de familles des victimes. 
    Vingt ans après les faits, l'espoir de faire toute la 
lumière sur les circonstances de leur mort renaît pour leurs 
proches. Leurs avocats estiment en effet que leur analyse 
pourrait permettre de "grandes avancées" dans l'enquête.  
    "Les Algériens ont accepté de remettre tous les 
prélèvements", a déclaré Clémence Bectarte à Reuters, confirmant 
une information RMC. "C'est une grande satisfaction, ça faisait 
très longtemps que les familles le demandaient." 
    Après deux reports de son voyage, le juge d'instruction Marc 
Trévidic - désormais remplacé par Nathalie Poux sur ce dossier - 
avait finalement pu se rendre en Algérie du 12 au 19 octobre 
2014 pour exhumer et autopsier les crânes des religieux. 
    Mais les autorités algériennes avaient refusé qu'il rapporte 
à Paris les prélèvements effectués, poussant les familles des 
victimes à dénoncer une "obstruction" à l'enquête française. 
    En échange du rapatriement de l'ensemble des prélèvements 
cette semaine, la juge française a remis aux autorités 
algériennes des prélèvements ADN des proches des moines, 
nécessaires à leur propre enquête. Les prélèvements devront par 
ailleurs être retournés à Alger dans six mois, indique Clémence 
Bectarte.  
     
    LES PRÉLÈVEMENTS SERAIENT EXPLOITABLES 
    D'après les premières constatations des experts, les 
prélèvements seraient "en bon état et exploitables", dit-elle. 
Mais "tout reste à confirmer." 
    Les corps des moines de Tibéhirine n'ont jamais été 
retrouvés, ce qui a alimenté des rumeurs sur la cause de leur 
mort.  
    Alger affirme que les sept religieux ont été décapités par 
des islamistes qui les avaient enlevés, une thèse qui a été 
confortée par une revendication du Groupe islamique armé (GIA). 
    Mais l'enquête française n'a pas écarté une possible bavure 
de l'armée algérienne ou une implication des services algériens. 
    Les conclusions provisoires des experts ayant participé aux 
autopsies de 2014 remettaient en cause la date de leur mort, 
laissant penser qu'ils avaient été tués plusieurs semaines avant 
la date avancée par le GIA dans sa revendication.  
    Les experts estimaient par ailleurs que la décapitation des 
religieux serait intervenue post-mortem.  
    Autant d'éléments pour l'instant "au conditionnel", et qui 
devraient désormais pouvoir être vérifiés, après analyse des 
prélèvements, souligne Clémence Bectarte. Leur expertise devrait 
aussi permettre de confirmer l'identité des sept crânes, des 
doutes persistant sur certains d'entre eux.  
 
 (Chine Labbé, édité par Yves Clarisse) 
 
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