France-Aubry aurait voulu plus de débat sur la loi Macron

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Toulouse, 18 février (Reuters) - La maire PS de Lille, Martine Aubry, a déploré mercredi qu'il n'y ait pas eu plus de débat sur la loi Macron avant le recours de Manuel Valls, mardi, à l'article 49-3 pour faire passer le texte à l'Assemblée nationale, tout en refusant de parler de situation de crise. "C'est fait, c'est fait, je regrette qu'on n'ait pas continué à discuter", a déclaré l'ex-numéro un du PS interrogée sur le passage en force du Premier ministre, lors d'une visite dans le quartier des Izards, à Toulouse, pour soutenir les deux binômes de candidats aux élections départementales des 22 et 29 mars. Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron "a discuté, il a eu raison de le faire puisqu'il est revenu sur certains sujets, comme les notaires ou le secret des affaires, mais il aurait fallu continuer à discuter, que chacun prenne sa part de responsabilité" a-t-elle estimé. "Mes proches se seraient abstenus, ils l'ont dit car ils pensaient qu'il y aurait encore une séance et qu'on pouvait discuter", a-t-elle précisé. "Le travail le dimanche, les plans sociaux, on ne fragilise pas aujourd'hui une société qui va si mal. C'est ce que nous pensons mais nous pensons aussi que le rôle d'un gouvernement c'est de rassembler sa majorité, on doit le faire par le débat". Manuel Valls a été contraint mardi de faire passer en force la loi Macron sur la croissance et l'activité devant le risque de voir les "frondeurs" du Parti socialiste torpiller un texte jugé crucial pour la crédibilité de sa politique économique. Le texte sera adopté par l'Assemblée sauf si la motion de censure déposée par l'opposition UMP-UDI est adoptée jeudi, une hypothèse - exclue par Manuel Valls - qui entraînerait la chute du gouvernement. "Il y a encore un débat au Sénat et puis j'espère un retour à l'Assemblée", a souligné Martine Aubry. "Il faut rassembler aujourd'hui sur le fond, pas simplement en disant unité", a-t-elle ajouté, regrettant au passage qu'il n'y ait "pas plus d'unité à gauche". "La seule chose qui compte pour moi, c'est qu'on continue à débattre (...) on ne peut pas passer en force contre une majorité dans un pays qui va si mal", a-t-elle ajouté. "J'espère que le gouvernement tirera de ce moment, car je ne parle pas de crise mais de moment, les leçons pour rassembler sa majorité". (Julie Rimbert, édité par Marine Pennetier)

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