France-Au Mans, Emmanuel Macron esquisse sa "société du choix"

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    LE MANS, 11 octobre (Reuters) - Emmanuel Macron a proposé 
mardi au Mans (Sarthe) que les salariés qui démissionnent 
bénéficient eux aussi de l'assurance chômage, une illustration 
de la "société du choix" qu'il compte défendre, même s'il n'a 
toujours pas précisé s'il serait candidat à l'élection 
présidentielle de 2017. 
    "Nous pourrions déconnecter les droits de l'assurance 
chômage de la détention du poste occupé, et du fait même d'être 
licencié", a dit l'ancien ministre de l'Economie, pour en finir 
avec "un système très hypocrite" qui réserve les allocations de 
Pôle Emploi aux seuls salariés ayant été licenciés ou ayant 
bénéficié d'une rupture conventionnelle. 
    L'ancien conseiller de François Hollande, qui s'est érigé 
"contre le système", a plus généralement proposé de 
déréglementer l'économie française, au cours de cette deuxième 
soirée de restitution du "diagnostic" qu'il a dressé de la 
France depuis son départ du gouvernement, fin août. 
    L'initiateur du mouvement "En Marche !" a ainsi critiqué 
"l'incontinence normative" qui a cours actuellement en France.  
    "Nous percevons souvent les normes comme des boucliers, avec 
les meilleures intentions du monde, mais, en fait, ce sont des 
murailles qui rendent encore plus difficile l'accès à l'emploi 
stable", a déclaré Emmanuel Macron lors d'un discours-fleuve de 
deux heures et 45 minutes. 
    "Il faut continuer de lever les verrous à l'embauche et 
donner de la visibilité et de la stabilité aux chefs 
d'entreprise", a-t-il ajouté.  
    "C'est pour cela que je me suis battu sur les prud'hommes et 
que je continuerai de le faire, dans un esprit de justice et 
d'efficacité." 
    L'ex-banquier d'affaires, qui a présenté "la sécurité" comme 
l'une de ses priorités, a aussi proposé de rétablir la "police 
de proximité" mise en place par Jean-Pierre Chevènement sous le 
gouvernement Jospin. 
    "Cette police de proximité n'était ni une utopie laxiste, ni 
un gadget de communication", considère Emmanuel Macron.  
    "Quel que sera le nom qu'on lui redonnera, (...) il faudra 
lui donner des moyens, (...) lui permettre de créer, avec les 
Français, un lien de confiance." 
     
    PAS DE "COURSE À LA PROPOSITION" 
    Ces propositions sont les deux seules annonces vraiment 
marquantes qu'a faites mardi Emmanuel Macron, qui s'est défendu 
de participer à une "course à la proposition" par "hygiène 
démocratique". 
    "Même ceux qui en ont fait 200 ou 300 ont besoin d'en 
inventer une 201e ou une 202e pour pouvoir occuper l'actualité", 
a raillé l'ancien ministre de l'Economie.  
    "A la fin, plus personne ne sait qui a proposé quoi et nous 
sommes dans une cacophonie de propositions. Ce jeu ne 
m'intéresse pas : ce que nous avons à construire, ce sont des 
solutions à des problèmes identifiés." 
    Emmanuel Macron, qui s'exprimait sur les terres de Stéphane 
Le Foll, porte-parole du gouvernement et proche du président de 
la République François Hollande, sera à Montpellier le 18 
octobre pour poursuivre la restitution de son "diagnostic" du 
pays. 
    Son meeting a été précédé d'un message du député européen 
Jean Arthuis (UDI), l'un de ses prédécesseurs à Bercy 
(1995-1997) dans le gouvernement d'Alain Juppé, séduit par les 
"motifs d'espoir" que lui inspirent sa démarche et son 
"engagement européen". 
    Parmi les personnes venues écouter Emmanuel Macron au Mans 
se trouvait notamment Caroline Tisserat, une mère de famille 
venue en compagnie de son fils de 20 ans. 
    "C'est quelqu'un qui fascine un peu, mais on ne le connaît 
pas", a déclaré à Reuters cette conseillère téléphonique de 51 
ans qui vote habituellement "plutôt à droite".  
    "Mais on retrouve chez lui l'énergie qu'il y avait chez 
Nicolas Sarkozy en 2007." 
    "Je suis venu pour découvrir le personnage : c'est quelqu'un 
de jeune, qui n'est pas trop marqué par un long parcours 
politique", estime Bruno, un avocat manceau de 67 ans assistant 
à son "premier meeting" et ne souhaitant pas donner son nom de 
famille.  
    "Après, j'attends de voir : je n'ai pas été ébahi par son 
action au gouvernement, où il n'a pas fait grand-chose." 
 
 (Guillaume Frouin, édité par Myriam Rivet) 
 
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