France-Arrêt des soins de Vincent Lambert préconisé en appel

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    STRASBOURG, 26 mai (Reuters) - La Cour administrative 
d'appel de Nancy (Meurthe-et-Moselle) a été invitée jeudi à 
enjoindre l'hôpital de Reims de reprendre la procédure d'arrêt 
des soins de Vincent Lambert, un patient tétraplégique en état 
végétatif depuis 2008, a-t-on appris auprès de l'avocat qui 
portait cette demande. 
    François Lambert, le neveu de Vincent Lambert, demandait 
l'application par le CHU de Reims de la décision prise le 11 
janvier 2014 par le docteur Eric Kariger, alors en charge du 
patient, de stopper l'alimentation et l'hydratation 
artificielles en l'accompagnant jusqu'à la mort par des soins 
palliatifs. 
    «Le rapporteur public a considéré que la décision de 
suspendre la procédure était en f0ait un abandon et que les 
raisons invoquées étaient un prétexte », a déclaré à Reuters son 
avocat, Me Bruno Lorit. 
    La décision d'arrêt des traitements, contestée en justice 
par les parents du patient mais validée par le Conseil d'Etat, 
aurait dû être mise en oeuvre après avoir été validée par la 
Cour européenne des droits de l'homme le 5 juin 2015. 
    Mais le docteur Daniela Simon, qui a succédé à Eric Kariger, 
a suspendu la procédure en juillet, estimant que "les conditions 
de sérénité et de sécurité nécessaires à la poursuite de cette 
procédure, tant pour Vincent Lambert que pour l'équipe 
soignante, (n'étaient) pas réunies". 
    Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne (Marne) 
avait validé cette décision le 9 octobre. 
    Le rapporteur public de la Cour de Nancy a en revanche 
estimé « qu'il n'y aurait jamais de sérénité dans ce dossier et 
que l'hôpital devait reprendre la procédure collégiale en vue 
d'une décision », a précisé Me Lorit. 
   La Cour administrative d'appel a mis son arrêt en délibéré au 
16 juin. 
    Quelle que soit sa décision, un pourvoi en Conseil d'Etat, 
non suspensif, restera possible. 
    Le cas Vincent Lambert, un l'ancien infirmier psychiatrique 
de 39 ans victime d'un accident de la route en septembre 2008, 
divise depuis plusieurs années sa famille. 
    Le patient n'ayant pas rédigé de "directives anticipées", la 
demande d'interruption des soins émane de son épouse Rachel, de 
cinq de ses frères et soeurs et d'un neveu qui souhaitent qu'il 
puisse mourir "dignement", conformément selon eux à ses valeurs. 
    Ses parents, une soeur et un demi-frère s'y opposent,  
estimant qu'il n'est pas un malade en fin de vie mais un 
handicapé. 
     
 
 (Gilbert Reilhac, édité par Yann Le Guernigou) 
 
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