France-Après Macron, Hollande prône l'unité, Valls attaque

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    * Hollande demande au gouvernement de jouer collectif 
    * "On ne s'improvise pas candidat", ironise Valls 
 
 (Actualisé avec discours de Hollande, Valls, Le Roux) 
    PARIS, 31 août (Reuters) - Le ton est monté mercredi au sein 
de l'exécutif, au lendemain de la démission d'Emmanuel Macron, 
François Hollande demandant aux membres du gouvernement de jouer 
collectif, tandis que Manuel Valls ironisait sur l'ex-ministre 
"improvisé" candidat. 
    Lors d'un dîner réunissant des membres de la majorité mardi 
soir, après la démission du ministre de l'Economie, le chef de 
l'Etat a reconnu avoir "peut-être sous-estimé le caractère 
transgressif d'Emmanuel Macron", a rapporté le président du 
groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Bruno Le Roux.  
    Mercredi, lors du conseil des ministres, puis dans un 
discours à l'Elysée, il a fait l'éloge du "collectif", dénonçant 
en creux le cavalier seul de son ex-conseiller devenu ministre.  
     
    "Rien n'est possible sans une action collective", a dit le 
chef de l'Etat devant le gouvernement de Manuel Valls.  
    Selon le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, il 
a aussi "rappelé la nécessité de l'esprit de responsabilité et 
de désintéressement", invitant chacun à poursuivre son action 
"dans un esprit collectif".   
    Emmanuel Macron a justifié sa démission par sa volonté de 
reprendre sa liberté pour se consacrer à son mouvement "En 
Marche !" et "tout faire" pour transformer la France dès 2017. 
    Selon certains de ses proches, l'ex-ministre sera candidat à 
l'élection présidentielle de 2017, bien que l'intéressé 
maintienne l'ambiguïté sur ses intentions.    
     
    "LA FORCE DE L'ENGAGEMENT" 
    Dans un discours plein de sous-entendus à l'Elysée, François 
Hollande a salué "la force de l'engagement, la force du 
collectif, la force de l'utilité pour soi et pour les autres".  
    Dans une allusion au choix Emmanuel Macron, le chef de 
l'Etat s'est dit opposé à tout "projet individuel, vous savez, 
un projet qui serait fait par un individu pour lui-même".  
    "Il y en a qui peuvent avoir cette conception. Mais on ne 
peut rien faire tout seul et pour soi-même. Il faut toujours 
faire avec les autres", a-t-il ajouté. 
    Plus direct, le Premier ministre, Manuel Valls, a estimé 
qu'"on ne s'improvise pas candidat à l'élection présidentielle". 
    "Je sais bien qu'on est dans un moment où tout doit aller 
vite, où le renouveau doit frapper à chaque instant. Mais enfin, 
la France, ça n'est pas n'importe quel pays", a ajouté le chef 
du gouvernement lors d'un déplacement à Evry (Essonne). 
    Face aux défis que rencontre la France, "on ne peut pas 
partir, on ne pas déserter, c'est trop important", a insisté le 
Premier ministre, qui se pose en recours pour la présidentielle 
tout en restant loyal à l'égard de François Hollande. 
    De l'avis de Bruno Le Roux, le pari d'Emmanuel Macron est 
risqué, faute de soutien, notamment à l'Assemblée nationale. 
    Selon le député PS Pascal Terrasse, l'ancien ministre peut 
compter sur "une quinzaine de députés" et "une vingtaine de 
sénateurs". Mais ces derniers devront choisir entre ce soutien 
et leur appartenance au Parti socialiste, rappelle le "patron" 
des députés PS.  
    "Je ne vous dis pas que je ne suis pas inquiet, car 
l'entreprise de décomposition se poursuit", a dit Bruno Le Roux 
à quelques journalistes, en référence aux candidatures 
"anti-Hollande" qui se multiplient à gauche.  
    A ses yeux, une candidature du président est le seul moyen 
d'éviter un émiettement à gauche synonyme de défaite assurée à 
l'élection présidentielle. 
    "Si François Hollande ne se présente pas, il y aura une 
multitude de candidatures", prédit-il. "Personne n'acceptera le 
résultat d'une primaire si le président n'est pas candidat. 
C'est pour ça que je pense qu'il n'y a pas le choix." 
    François Hollande doit annoncer sa décision en décembre, 
quelques semaines avant la primaire que le Parti socialiste a 
prévu d'organiser fin janvier.  
 
 (Jean-Baptiste Vey et Elizabeth Pineau, édité par Emmanuel 
Jarry) 
 
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