France-Après les régionales, l'exécutif en quête de résultats

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    * Pas de changement de cap après les régionales 
    * Macron doit faire cette semaine des propositions sur 
l'emploi 
    * Un remaniement n'est pas à l'ordre du jour 
 
 (Actualisé avec Elysée) 
    PARIS, 14 décembre (Reuters) - L'exécutif a exclu lundi un 
changement de cap politique au lendemain d'élections régionales 
marquées par la progression du vote Front national et cherche 
des résultats sur le front de l'emploi avant la présidentielle 
et les législatives de 2017. 
    Au ministère de l'Economie, on soulignait lundi qu'Emmanuel 
Macron fera des propositions au Premier ministre sur l'activité 
économique et l'emploi dans le courant de la semaine. 
    Elles seront présentées dans le cadre de la stratégie #noe, 
la future loi Macron 2 sur les nouvelles opportunités 
économiques qui doit être présentée début 2016. 
    Plusieurs ministres ont répondu tièdement lundi à la demande 
d'"inflexion à gauche" formulée dimanche par le premier 
secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, sans 
contester l'impératif de faire reculer la précarité. 
    Ils ont souligné la difficulté de la tâche, certains 
expliquant que des gestes sociaux étaient possibles mais qu'ils 
ne règleraient pas les problèmes du pays. 
    "L'emploi, la formation des chômeurs, l'apprentissage pour 
nos jeunes doivent mobiliser toute notre énergie", a résumé le 
Premier ministre, Manuel Valls, après le second tour dimanche. 
    La montée de l'extrême droite, qui reste un "danger" malgré 
son échec dans la conquête de régions, "nous oblige à entendre 
davantage les Français, à agir sans relâche, plus vite, pour 
obtenir plus de résultats", a-t-il ajouté. 
    Manuel Valls a déjeuné lundi avec le chef de l'Etat, qui a 
fait de la baisse du chômage une condition pour se présenter en 
2017 et qui lui a confirmé le maintien du cap et qu'un 
remaniement n'était pas à l'ordre du jour. 
    "Maintenant, on poursuit la préparation de l'année 2016", 
a-t-on déclaré dans son entourage après cette rencontre, 
évoquant la lutte contre le terrorisme et la protection des 
Français ainsi que la poursuite du mouvement de réformes pour 
parvenir à faire baisser le chômage et stimuler la croissance. 
         
    PAS DE VIEILLES RECETTES 
    Le taux de chômage a grimpé à son plus haut niveau depuis 18 
ans au troisième trimestre et la hausse du nombre de demandeurs 
d'emplois a été la plus forte en octobre depuis janvier 2013. 
    Jean-Christophe Cambadélis a lui-même souligné lundi sur 
Europe 1 qu'il ne souhaitait "pas de changement de politique 
économique mais une inflexion".  
    Interrogé sur l'opportunité d'accélérer les réformes 
économiques sous la houlette de Manuel Valls et d'Emmanuel 
Macron, il a répondu : "Ce n'est pas ce que je demande, ce que 
je demande, c'est qu'on se concentre sur la précarité." 
    Faire des gestes sociaux populaires à gauche ne suffira pas, 
a insisté le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, 
Jean-Marie Le Guen, sur iTELE. 
    "Ce n'est pas ce qu'a voulu dire Jean-Christophe Cambadélis 
mais si c'est les vielles recettes, s'il s'agit de dépenser 
trois milliards de plus pour avoir un peu plus de contrats aidés 
ou pour augmenter le smic, le point des fonctionnaires (...) ce 
n'est pas la solution des problèmes de la France", a-t-il dit. 
    "La solution des problèmes de la France, c'est de s'attaquer 
à ses problèmes de formation, (...) c'est de redonner au travail 
une valorisation beaucoup plus grande que ce que nous faisons 
depuis 30 ans et surtout d'essayer de faire tomber ce mur qui 
existe entre la France de ceux sont dehors parce qu'ils ne sont 
pas formés, pas employables et ceux qui sont à l'intérieur de la 
société." 
    Le quotidien L'Opinion écrivait vendredi que Manuel Valls 
avait demandé à ses équipes de travailler sur une sorte de "Jobs 
act" à la française, en explorant toutes les pistes pour faire 
reculer le chômage, ce que Matignon n'a pas voulu commenter. 
    Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a lui 
aussi insisté lundi sur la difficulté de la tâche. 
    "Dire 'c'est parce qu'il y a de la pauvreté qu'il a un vote 
Front national, c'est une erreur'", a-t-il dit sur France Inter, 
de même que de penser qu'il suffirait de lâcher les vannes 
budgétaires pour régler les problèmes de la France. 
    "Et en même temps (...) il faut aussi qu'on parle 
solidarité, le social n'est pas une question tabou." 
    La prochaine réforme structurelle sur le front de l'emploi 
est le projet de loi de la ministre du Travail, Myriam El Khomri 
qui doit simplifier la législation du travail et qui doit être 
examiné dans les prochains mois.  
 
 (Jean-Baptiste Vey, avec Elizabeth Pineau et Yann Le Guernigou, 
édité par Yves Clarisse) 
 
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  • milano12 il y a 12 mois

    dans quelques jours plus 40000 chômeurs