France-Après les huées, Juppé attend des clarifications

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PARIS, 24 novembre (Reuters) - Le futur président de l'UMP devra apporter des clarifications sur les modalités de la primaire pour la présidentielle de 2017 et sur le rassemblement de la droite et du centre, qui doit être "une alliance sans exclusive", a déclaré lundi Alain Juppé. L'ancien Premier ministre, qui a été sifflé samedi dernier à l'évocation de ces deux sujets lors d'un meeting de Nicolas Sarkozy à Bordeaux, affiche sa sérénité dans un billet sur son blog où il souligne avoir "vu pire". ID:nL6N0TC0QE "Il faut tirer quelques leçons" des huées, explique le maire de Bordeaux, qui jouit d'un regain de popularité sans précédent dans l'opinion et apparaît comme le rival le plus sérieux de Nicolas Sarkozy pour l'élection présidentielle de 2017. Sur le rassemblement droite-centre qu'il appelle de ses voeux, Alain Juppé juge "indispensable que la future direction de l'UMP clarifie la ligne politique de notre mouvement". "Il ne s'agit pas de fusionner des partis. (...) Aujourd'hui l'UDI veut garder sa spécificité. Pas de fusion-absorption donc, mais une alliance sans exclusive, dans le respect mutuel. Toute autre stratégie serait suicidaire et ouvrirait les portes du pouvoir au FN", estime-t-il. S'agissant des primaires "largement ouvertes" qu'il réclame avec constance, le maire de Bordeaux attend là aussi de sortir du flou. "Nicolas Sarkozy y a fait une allusion dans son discours. Là encore une clarification est nécessaire : qui pourra voter et selon quelles modalités? Le nouveau président de l'UMP devra dire ses intentions. Nous apprécierons alors si ses propositions sont acceptables ou pas", prévient-il. Interrogé par la suite lors d'un point de presse à la mairie de Bordeaux, Alain Juppé a déclaré n'avoir "aucune raison" de penser que les réactions hostiles de samedi dernier aient été le fruit d'un "traquenard". "Je ne suis pas sûr que ça tourne à l'avantage de ceux qui auraient monté le coup s'ils l'avaient monté", a-t-il commenté. Bruno Le Maire, candidat à la présidence de l'UMP face à Nicolas Sarkozy et Hervé Mariton, a jugé lundi sur France Inter que les huées de Bordeaux avaient donné "un spectacle consternant". "Nous sommes en train de retomber dans le vieux piège mortel de la droite qui est la guerre des chefs, avec le retour des clans, des divisions, des combats de personnes", a-t-il déploré. "Si Alain Juppé, qui est quand même un des fondateurs historiques de l'UMP, ne peut pas dire que la droite et le centre doivent former une alliance sans se faire siffler, ça montre (...) que nous avons besoin, nous, de notre indépendance", a affirmé pour sa part le président de l'UDI sur Europe 1. "Etre d'accord matin, midi et soir comme le dit Nicolas Sarkozy, ça n'est pas l'objet de l'UDI. Ça, c'est l'alliance de l'armée, c'est l'alliance de la caserne et nous ne serons pas d'accord matin, midi et soir avec l'UMP", a ajouté Jean-Christophe Lagarde. (Sophie Louet avec Gérard Bon et Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

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