France-Appels à un remaniement large, Hulot rejette l'offre

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    * Hulot n'entrera pas au gouvernement 
    * Hollande consulte, donnant l'impression d'un remaniement 
large 
    * Ayrault, Cosse et Baylet pressentis 
 
    par Elizabeth Pineau 
    PARIS, 4 février (Reuters) - Le remaniement ministériel qui 
se profile en France doit être l'occasion de rassembler à 
gauche, estiment des responsables de la majorité, à l'heure où 
François Hollande consulte pour composer l'équipe de la dernière 
année pleine de son mandat. 
    Dernier rebondissement jeudi, dans un torrent de rumeurs, 
Nicolas Hulot, à qui le président aurait proposé de prendre la 
tête d'un "super ministère" de l'Ecologie, a annoncé via Twitter 
qu'il ne donnerait pas suite.   
     "Nicolas Hulot n'entrera pas au gouvernement. Il remercie 
le président de la confiance qu'il n'a cessé de lui accorder", 
est-il écrit. 
    Les consultations présidentielles laissent entendre que le 
remaniement pourrait ne pas être seulement "technique" et ne pas 
se limiter aux ministères des Affaires étrangères et du 
Logement, où Laurent Fabius et Sylvia Pinel sont en partance. 
    Le premier est pressenti pour prendre la tête du Conseil 
constitutionnel, la deuxième veut se consacrer à la 
vice-présidence de la région Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon. 
    
    Pour le Quai d'Orsay, le nom de l'actuelle ministre de 
l'Ecologie Ségolène Royal circulait jeudi, tout comme celui de 
Jean-Marc Ayrault, ancien Premier ministre germanophile qui fait 
entendre une voix parfois critique à l'Assemblée depuis son 
départ de Matignon.    
         
    CAMBADÉLIS EN APPELLE À "TOUS LES TALENTS DE GAUCHE" 
    En faisant une proposition à Nicolas Hulot, un ancien 
animateur de télévision qui a travaillé avec les anciens 
présidents de droite Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, François 
Hollande a donné un signe d'ouverture à la société civile et aux 
sympathisants écologistes, deux mois après le succès de la 
conférence sur le réchauffement climatique. 
    L'hypothèse Hulot désormais écartée, l'entrée au 
gouvernement d'Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d'Europe 
Ecologie-Les Verts, est sur la table. 
    "Je ne sais pas ce qui va se passer", a confié l'intéressée 
à Reuters jeudi à Kolbsheim, dans le Bas-Rhin. "Le sujet c'est 
'qu'est-ce que voudra faire un prochain gouvernement sur des 
sujets écologistes ?'" 
    "Il y a des sujets connus comme Notre-Dame-des-Landes, il y 
a la fermeture de la centrale de Fessenheim, mais il y a autre 
chose. On est en pleine crise de l'emploi et il y a des secteurs 
qui ne demandent qu'à s'ouvrir et qui sont notamment très liés 
au dérèglement climatique donc il y a aussi des réponses à avoir 
sur ces sujets-là", a-t-elle argumenté.  
    Des appels sont lancés en faveur d'un rassemblement de la 
gauche, notamment encouragé par le premier secrétaire du PS, 
Jean-Christophe Cambadélis.  
     "Je souhaite que tous les talents de gauche ou au-delà 
viennent renforcer l'action gouvernementale", a-t-il déclaré 
mercredi sur LCP, une semaine après le départ de la ministre de 
la Justice, Christiane Taubira.  
    Un avis partagé au sein du gouvernement de Manuel Valls.  
    "Tout ce qui permet l'élargissement de la majorité, ce qui 
permettra aux écologistes de participer au travail du 
gouvernement, est une bonne chose", a estimé la ministre de la 
Santé, Marisol Touraine, jeudi sur iTELE.  
    "Je souhaite que les écologistes puissent participer au 
gouvernement. Je ne sais pas comment les choses vont avancer et 
se faire mais la place des écologistes est au gouvernement". 
    En désaccord avec Manuel Valls, les Verts Cécile Duflot et 
Pascal Canfin ont quitté le gouvernement quand ce dernier est 
arrivé à Matignon, au printemps 2014.  
     
    BAYLET ENTRANT 
    Parmi les autres possibilités figure l'arrivée de 
Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche, parti 
auquel appartient la ministre sur le départ Sylvia Pinel.  
    Les paris restaient ouverts jeudi dans une atmosphère 
crispée par l'interminable débat sur la déchéance de 
nationalité, qui divise la gauche, sur fond de chute de 
popularité des cotes de confiance du président et du Premier 
ministre.  L8N15J44K  et   
    Selon un haut responsable socialiste, le vote solennel sur 
ce texte à l'Assemblée nationale, mercredi, pourrait lancer le 
compte à rebours du remaniement. D'autres sources évoquent le 
début de semaine prochaine.  
    Pour le casting final dont l'Histoire a montré qu'il 
réservait toujours des surprises, la balle reste dans le camp du 
locataire de l'Elysée.  
    "N'oublions pas que c'est François Hollande qui a le dernier 
mot", rappelle un sénateur socialiste, invitant à se méfier de 
"celui qui a entendu un truc de la bouche du cheval des oreilles 
du lapin." 
 
 (Avec Emmanuel Jarry et Gilbert Reilhac à Strasbourg, édité par 
Yves Clarisse) 
 
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