France-Appel au calme après la mort d'un manifestant à Sivens

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PARIS, 26 octobre (Reuters) - Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a appelé au calme dimanche après la découverte du corps sans vie d'un jeune homme sur le site du projet de barrage de Sivens (Tarn), qui a entraîné des réactions virulentes de responsables politiques et de militants. La victime a été retrouvée vers 02h00 du matin, après que des affrontements eurent opposé des manifestants et les forces de l'ordre à l'issue d'une manifestation pacifique, ont précisé la préfecture du Tarn et le ministère de l'Intérieur. Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes de la mort du jeune homme de 21 ans intervenue dans "un contexte de violences", selon le procureur de la république d'Albi, Claude Derens. "Les forces de l'ordre ont été attaquées en règle par un groupe de manifestants violents, approximativement une centaine", avait dit le procureur à la presse dans l'après-midi pour décrire les événements de la nuit. Selon le ministère de l'Intérieur et des manifestants qui ont témoigné dans les médias locaux, les violences sont fréquentes depuis plusieurs semaines sur le site de Sivens, où le projet de barrage est contesté par des associations et des militants écologistes. Le procureur Claude Derens a en outre regretté qu'"en raison de l'hostilité des manifestants, il n'(ait) pas été possible aujourd'hui de faire la moindre constatation technique" sur les lieux. APPEL À LA RETENUE Des propos contestés par Guillaume Cros, président du groupe Europe Ecologie-Les Verts au conseil régional de Midi-Pyrénées. "Les opposants au barrage de #Sivens obligés de sécuriser le lieu présumé où a été découvert le corps (...) Aucun enquêteur sur place", a-t-il écrit sur son fil Twitter. "Non monsieur le Procureur, les enquêteurs ne se sont pas présentés à #Sivens ils auraient pu faire leur travail." Dans la journée, des militants présents sur les lieux ainsi que des responsables écologistes, dont Noël Mamère et José Bové, avaient pour leur part déploré des violences policières sur le site de Sivens, où les travaux ont débuté. "Depuis que le déboisement a commencé, les forces de l'ordre font preuve d'une violence absolument invraisembable dans l'usage des armes (...) des envois de grenades dans des caravanes, des choses qu'on avait jamais vues", a dit José Bové sur BFM TV. Bernard Cazeneuve a répondu en appelant à ne pas mettre le feu aux poudres : "Le ministre de l'Intérieur appelle à la retenue les responsables politiques et associatifs qui se sont autorisés à tenir des propos approximatifs, irresponsables et polémiques", dit le communiqué. "Ces commentaires ne participent ni à la manifestation de la vérité, ni au nécessaire retour au calme." De nouvelles violences ont en effet eu lieu dimanche soir à Gaillac, avec "des groupuscules très violents", a dit le porte-parole du ministère, Pierre-Henry Brandet, sur France 2. (Gregory Blachier)

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