France-Anne Hidalgo veut réorganiser et redécouper Paris

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    * Les quatre premiers arrondissements fusionneraient 
    * Anne Hidalgo veut récupérer des pouvoirs face à l'Etat 
    * L'opposition l'accuse de charcutage électoral 
 
    PARIS, 15 février (Reuters) - Anne Hidalgo a présenté lundi 
devant le Conseil de Paris son projet de réforme du statut de la 
capitale qui vise notamment à fusionner les quatre 
arrondissements centraux et à récupérer des pouvoirs détenus 
jusqu'ici par l'Etat. 
    L'opposition est vent debout contre la maire socialiste, 
qu'elle accuse de vouloir redécouper Paris dans l'urgence afin 
d'en faire une citadelle imprenable pour les prochaines 
municipales de 2020. 
    Les trois "voeux" proposés par Anne Hidalgo devront passer 
par l'adoption d'une loi dès cette année au Parlement pour 
devenir concrets. 
    Outre la fusion des quatre arrondissements centraux (Ier, 
IIe, IIIe, et IVe), la maire veut que la Ville et le département 
ne fassent plus qu'un et recouvrer des pouvoirs, notamment en 
matière de circulation, de pollution et de propreté, jusqu'ici 
détenus par le préfet de police. 
    Se défendant d'arrière-pensées électorales, elle a mis en 
avant son souci de "rétablir l'égalité dans le rapport 
démocratique" entre les habitants des petits et des grands 
arrondissements. 
    Le Ier arrondissement compte par exemple 17.000 habitants 
quand il y en a 240.000 dans le XVe.  
    "C'est l'intérêt exclusif des Parisiens qui est en jeu. 
C'est pourquoi nous avons voulu exclure tout clivage partisan", 
a-t-elle affirmé devant le Conseil de Paris. 
    Dans le domaine de la sécurité, le projet ne remet pas en 
cause les prérogatives de la préfecture de police pour le 
maintien de l'ordre public et la police judiciaire, alors que 
l'opposition de droite voudrait créer une police municipale. 
     
    "PASSAGE EN FORCE"  
    Mais Anne Hildalgo veut tout de même obtenir le transfert 
vers la mairie des agents de surveillance (ASP, les 
"Pervenches") pour "mettre en place une police du quotidien" 
habilitée notamment à lutter contre les incivilités. 
    La droite reproche à la maire socialiste de n'avoir fait 
aucune mention de cette réforme dans son programme électoral, 
puis de l'avoir préparée dans le plus grand secret et de vouloir 
aujourd'hui l'imposer dans la précipitation. 
    "Rien ne justifie un tel passage en force", a dit Nathalie 
Kosciusko-Morizet, présidente du groupe Les Républicains (LR), 
qui a tenté, en vain, d'obtenir un report du débat. 
    "Vous prenant tout à la fois pour Napoléon III et le baron 
Haussmann, vous voulez refaire Paris à votre main", a lancé 
Jean-Pierre Lecoq, autre élu LR. 
    "Nous sommes nombreux à penser que vous ne vous arrêterez 
pas aux quatre premiers arrondissements", a-t-il ajouté, 
laissant entendre que ce redécoupage global pourrait être initié 
par le Parlement. 
    D'autres scénarios de fusion ont été initialement imaginés 
par la Ville. 
    Au nom du groupe UDI-Modem, Marielle de Sarnez a estimé pour 
sa part qu'Anne Hidalgo passait à côté d'une "vraie réforme" qui 
verrait Paris se libérer plus complètement de la tutelle de 
l'Etat et son maire élu au suffrage universel direct.  
 
 (Gérard Bon, édité par Sophie Louet) 
 
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