France-Amélioration "lente mais sensible" du système de retraite

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    * Pas de recommandation du Comité de suivi pour le moment 
    * Mais le retour à l'équilibre financier n'est pas assuré 
    * La situation relative des retraités risque de se dégrader 
    * Les retraites seront un sujet de la présidentielle de 2017 
 
    par Emmanuel Jarry 
    PARIS, 11 juillet (Reuters) - Le Comité de suivi des 
retraites (CSR) note une "amélioration lente mais sensible" du 
système français mais pointe du doigt le risque d'un écart 
croissant de niveau de vie entre retraités et actifs, dans son 
avis annuel remis lundi à Manuel Valls. 
    Placé auprès du Premier ministre depuis 2014, ce comité a 
pour mission de proposer des mesures correctives si le système 
s'écarte des objectifs fixés par les réformes successives. 
    Dans son troisième avis, il estime que "la situation et les 
perspectives du système de retraites ne s'éloignent pas de façon 
significatif des objectifs définis par la loi".  
    Il ne formule donc pas de recommandations pour l'année en 
cours, ce dont s'est félicité Manuel Valls dans un communiqué. 
    Cet avis et le rapport annuel du Conseil d'orientation des 
retraites (COR), remis en même temps, "montrent que la France a 
su remettre son système de retraite sur la voie d'un équilibre 
financier durable", écrit le Premier ministre. 
    Vingt-cinq ans après le "Livre blanc" publié par le Premier 
ministre socialiste d'alors, Michel Rocard, qui tirait le signal 
d'alarme, avis du CSR et rapport du COR montrent cependant qu'un 
tel retour dépend encore de facteurs loin d'être maîtrisés. 
    En 2020, le système affichera encore un déficit de 0,2% du 
PIB, soit environ 4,5 milliards d'euros, prédit le CSR, qui 
reprend l'analyse du COR, publiée à la mi-juin.    
    Cette prévision, moins pessimiste qu'il y a un an, intègre 
un scénario macroéconomique gouvernemental plus favorable pour 
2016 et les années suivantes et la mise en oeuvre de l'accord 
d'octobre 2015 entre les partenaires sociaux sur les régimes de 
retraite complémentaires des salariés du privé. 
     
    BAISSE DU TAUX DE REMPLACEMENT 
    L'impact des mesures prévues par cet accord est évalué à 
environ 0,3% de PIB en 2060, a précisé récemment le président du 
COR, Pierre-Louis Bras, lors d'une conférence de presse. 
    Mais l'objectif de la réforme du 20 janvier 2014 de quasi 
retour à l'équilibre en 2020 ne sera pas atteint sans nouvelles 
mesures ou amélioration de la conjoncture, juge le CSR. 
    Il estime en outre que, quel que soit le scénario envisagé, 
le niveau de vie des retraités, comparé à celui du reste de la 
population, "devrait se dégrader dans les 50 ans à venir" : 
    "La divergence d'évolution entre les revenus des actifs et 
ceux des retraités pourrait faire resurgir un risque de pauvreté 
ce qui appelle, pour l'avenir, une vigilance particulière." 
    Une baisse des taux de remplacement devrait ainsi intervenir 
à partir des générations nées à la fin des années 1950, à cause, 
notamment, de l'indexation des pensions sur les prix et non sur 
les salaires. Cette divergence sera d'autant plus prononcée que 
la croissance moyenne des revenus d'activité sera élevée. 
    Le CSR admet que cette évolution des taux de remplacement 
est un levier déterminant pour l'équilibre financier à long 
terme du système. Mais elle lui paraît également "de nature à 
fragiliser l'adhésion" des Français. 
    Pour le Comité, cela justifie une "réflexion active" sur des 
modes d'indexation susceptibles de rendre l'évolution relative 
des pensions moins sensible à celle de la croissance économique. 
    La question de l'avenir du système français de retraite par 
répartition sera vraisemblablement un des thèmes de la campagne 
présidentielle de 2017, à en juger par les projets des candidats 
à la primaire de la droite. Tous plaident en particulier pour un 
nouveau report de l'âge légal du départ à la retraite. 
     
    SIMULATIONS 
    Le COR explore dans son rapport les leviers qui 
permettraient de rétablir l'équilibre à l'horizon 2025 (âge de 
le retraite, niveau des pensions, cotisations), fournissant 
ainsi une sorte de boîte à outils aux candidats de tous bords. 
    Selon le COR, le report progressif de l'âge de la retraite à 
65 ans à partir de la génération 1964, soit d'ici 2030, proposé 
par Alain Juppé, permettrait de revenir effectivement à 
l'équilibre dès 2025. 
    Sous l'hypothèse, toutefois, que le taux de chômage soit 
ramené à 7% d'ici dix ans et que le taux de croissance moyen des 
revenus d'activité soit de 1,5% par an sur la période, ce qui 
peut paraître optimiste concernant le chômage. 
    Mais "si nous avons un chômage à 10% sur les 50 prochaines 
années, je ne suis pas sûr que le problème des retraites soit le 
problème principal", fait valoir Pierre-Louis Bras. 
    L'ancien président Nicolas Sarkozy, principal rival du maire 
de Bordeaux à droite, propose pour sa part de porter l'âge de 
départ à 63 ans à partir de 2020 et à 64 ans en 2025. 
    Sous les mêmes hypothèses, ce scénario permettrait un 
excédent de 0,4% du PIB dès 2020, avec un pic à 1,0% en 2025, 
puis un retour à l'équilibre strict en 2040. 
    S'il ne prend pas position pour une solution ou une autre, 
le COR prévient lui aussi que le retour à l'équilibre se fera au 
prix d'une dégradation du niveau de vie relatif des retraités, 
sauf à revoir l'indexation des pensions. 
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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  • frk987 il y a 5 mois

    Pour M638341 : peu importe, mais 87 cts ou 56 cts, il y a un vrai problème. Je ne plains pas ça me fait rigoler....de payer plus d'impôts que de perception de retraites. De toute façon mon seul héritier est l'Etat, pour dire si je m'en tape !!!!!!

  • M2941863 il y a 5 mois

    Les mensonges continuent! l'AGRIC et ARCO n'ont aucune visibilité à 3 mois... c'est dire l'état catastrophique des caisses! ou est passé le fric cotisé !?...

  • jyth01 il y a 5 mois

    Pipeau pré-élections et pro SPF (Société de Protection du Fonctionnaire), dont tous les membres du gouvernement, l'essentiel de l'assemblée et du sénat sont adhérents (et pas membres actifs ce qui serait un oxymore en parlant des fonctionnaires)

  • M638341 il y a 5 mois

    frk987 vous n'avez pas à vous plaindre (c'est une plaisanterie...), pour ma part après 3ans 1/2 ça fait 56cts d'augmentation !!! soit en euros constant 1.5% de diminution si on augmente d'autant les cotisations, dans 38ans il n'y a plus aucun soucis du financement des retraites du ..... privée!!! pour les foncts, il n'y a déjà plus de soucis puisque dixit le bedonnant c'est l'état qui règle la facture!

  • frk987 il y a 5 mois

    Suite : heureusement que je n'ai pas besoin de ma retraite pour vivre, ce que me donne la SS et les complémentaires ça paye même pas les impôts.

  • frk987 il y a 5 mois

    Une amélioration extraordinaire, 4 ans que je suis à la retraite et 87 cts d'augmentation.

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