France-Ambiance studieuse et flèches acérées lors du débat à droite

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    * Sept candidats appliqués, parfois tendus 
    * Chacun récite son credo 
    * Quelques flèches ça et là 
 
    PARIS, 13 octobre (Reuters) - Les candidats à l'investiture 
présidentielle de la droite ont entamé jeudi soir leur premier 
débat à sept en récitant chacun leur partition et en se 
démarquant de leurs concurrents, au besoin en leur lançant des 
flèches acérées.  
    Soucieux de ne pas donner l'image d'un pugilat à moins d'un 
mois et demi de la primaire, les prétendants ont toutefois évité 
de s'adresser directement la parole, y compris les deux favoris 
Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, placés par le hasard du tirage 
au sort à deux mètres l'un de l'autre. 
    Chacun a donc pu déclamer son credo le temps d'interventions 
longuement préparées: le "renouveau" pour Bruno le Maire, venu 
sans cravate, le sérieux pour François Fillon, la proximité avec 
le centre pour Nathalie Kosciusko-Morizet. 
    Premier orateur de la soirée, Jean-François Copé a lancé les 
hostilités en déplorant la politique selon lui timorée conduite 
entre 2007 et 2012 par Nicolas Sarkozy, son voisin de plateau. 
    "Il y a dix ans, en 2007, j'avais comme des millions de 
Français espéré en la rupture que proposait Nicolas Sarkozy pour 
notre pays (...). Cette rupture, malheureusement on l'a pas 
faite", a-t-il dit en préambule. 
    "Et on a perdu en 2012, avec les Français qui nous ont dit 
'vous avez échoué parce que vous reculé, parce que vous n'avez 
pas fait ce pour quoi vous avez été élus'. (...) J'ai décidé de 
prendre le flambeau de la rupture", a ajouté le maire de Meaux, 
crédité de 2% dans les sondages les plus flatteurs. 
     
    "LE PRÉSIDENT DE L'HONNÊTETÉ" 
    Prenant la parole peu après, Nicolas Sarkozy a associé à sa 
politique ses rivaux, qui ont tous été ministres ces dix 
dernières années - à l'exception de Jean-Frédéric Poisson. 
    "On a gouverné ensemble pendant cinq ans et nous avons eu à 
faire face à la crise la plus violente que le monde ait jamais 
connue depuis 1929", a soutenu l'ex-président, reprenant là un 
leitmotiv de ses discours. 
    "Les défis pour notre pays n'ont jamais été aussi importants 
depuis 1945: choc migratoire sans précédent, chômage de masse, 
la plus forte imposition d'Europe. J'en tire la conclusion que 
l'alternance doit être forte, énergique, immédiate, concrète", a 
encore dit Nicolas Sarkozy. 
    En dépit de l'ambiance studieuse de la soirée, on pouvait 
entendre par moments voler les flèches, notamment celle de  
Bruno le Maire ironisant sur l'expérience de ses rivaux - "Si 
vous voulez que tout continue comme avant, vous avez tout ce 
qu'il vous fait sur le plateau".  
    François Fillon a quant à lui promis d'être "le président de 
l'action et le président de l'honnêteté pour que les Français 
retrouvent la fierté dans leurs dirigeants", sans préciser de 
qui il faisait le portrait en creux. 
    Après une introduction d'une minute chacun, les sept 
candidats ont dressé les grandes lignes de leur programme 
économique, sans faire d'annonces nouvelles, affirmant leurs 
divergences sur les 35 heures ou le relèvement de l'âge légal de 
départ à la retraite. 
    Conformément à une stratégie arrêtée avant la soirée, Alain 
Juppé s'est contenté de défendre ses positions. Car l'ex-Premier 
ministre partait avec un avantage sur tous ses adversaires: un 
statut de favori, construit au cours des deux dernières années 
et consolidé sondage après sondage. 
    Les dernières enquêtes d'opinion lui prêtent désormais une 
avance d'une vingtaine de points sur Nicolas Sarkozy au second 
tour, le 27 novembre.   
    Le maire de Bordeaux n'avait donc pas intérêt à se 
découvrir, contrairement à Nicolas Sarkozy, pour qui il devient 
urgent d'enrayer une dynamique défavorable amorcée fin 
septembre. 
    Les deux prochains débats d'avant-premier tour auront lieu 
les jeudis 3 et 17 novembre.  
 
 (Simon Carraud et Sophie Louet) 
 
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