France-Accueil mitigé de la base policière au plan du gouvernement

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    * Les syndicats de police globalement satisfaits du plan 
Cazeneuve 
    * Des manifestations ont néanmoins eu lieu après les 
annonces 
    * Un collectif de policiers en colère consulte la base 
 
    PARIS, 27 octobre (Reuters) - Les nouvelles mesures 
annoncées mercredi par le ministre de l'Intérieur Bernard 
Cazeneuve pour apaiser la fronde policière n'ont qu'en partie 
convaincu la base qui manifeste depuis dix jours un peu partout 
en France en marge des syndicats. 
    Si ces derniers se sont montrés satisfaits, la mobilisation 
s'est poursuivie dans la rue dans la nuit de mercredi à jeudi, 
au Mans, à Lyon, où plus de mille personnes ont défilé, à 
Marseille, ou à Bayonne, selon les organisateurs. 
    D'autres manifestations sont annoncées jeudi soir à 
Grenoble, Chambéry et Angers pour protester contre les violences 
dont les policiers sont victimes et le manque de moyens dont ils 
disposent. Une autre est prévue samedi à Toulouse. 
    Depuis le 17 octobre, le mouvement animé par des collectifs 
hostiles aux organisations syndicales s'est manifesté 
essentiellement lors de rassemblements nocturnes auxquels se 
joignent de plus en plus de pompiers et policiers municipaux. 
    Les syndicats, qui ont été reçus mercredi par François 
Hollande, ont tenté de reprendre la main en organisant des 
rassemblements ou marches de la colère mardi et mercredi, mais 
les cortèges étaient moins fournis qu'à l'ordinaire.  
    Presque un an jour pour jour après avoir répondu à une 
précédente grogne policière par un protocole de plusieurs 
centaines de millions d'euros, le gouvernement a annoncé un plan 
de sécurité publique de 250 millions d'euros.   
    Outre les mesures visant à rénover les équipements et les 
commissariats, il prévoit la suppression de tâches dites indues, 
un durcissement des sanctions pour outrage aux forces de 
l'ordre, une meilleure protection de leur anonymat, et une 
évolution des conditions de la légitime défense.   
    Pour sonder les policiers frondeurs sur la pertinence de ce 
dispositif, le "Collectif policiers en colère", a lancé une 
consultation jeudi matin sur internet. 
     
    "LE MOUVEMENT VA S'APAISER" 
    "Estimez-vous que le ministre a répondu aux demandes, à 
toutes les demandes? Si oui, le mouvement doit-il s'arrêter et 
si non, doit-il continuer ?", demande-t-il.  
    "Je pense que le mouvement des policiers en colère va 
s'apaiser doucement après les déclarations du ministre de 
l'Intérieur", écrit pour sa part Robert Paturel, un ancien du 
service d'élite du Raid. 
    Le policier, dont la carrière inspire le respect à ses 
pairs, s'est proposé comme porte-parole du mouvement mais une 
partie des frondeurs le soupçonnent d'être proche de l'extrême 
droite.  
    Lui-même assure s'inscrire dans une démarche apolitique et 
se dit prêt sur les réseaux sociaux à poursuivre son rôle si le 
mouvement devait continuer. 
    Sur le site d'autres collectifs, des policiers en colère 
estiment que l'essentiel n'a pas été abordé lors de la réunion à 
l'Elysée : les relations avec la hiérarchie.  
    "La politique du chiffre n'est ni plus ni moins que l'effet 
pervers des primes faramineuses des commissaires. La suppression 
de cette prime entraînerait certainement une relation plus 
humaine et donc plus professionnelle avec la hiérarchie", écrit 
l'un d'eux. 
    Du côté syndical, Unité SGP police, deuxième syndicat chez 
les gardiens de la paix, a salué les mesures annoncées. "Il y a 
des gestes forts, il y a un budget, il y a des avancées. Ce 
serait totalement populiste et poujadiste de prétendre le 
contraire", a déclaré Yves Lefebvre, son secrétaire général du 
syndicat. Alliance, premier syndicat chez les gardiens, affirme 
qu'il restera vigilant sur la mise en oeuvre effective du plan.  
    D'autres organisations soulignent la nécessité de mettre ces 
mesures en oeuvre sans attendre. 
    "Il va falloir que ça se concrétise très rapidement sur le 
terrain pour que la grogne légitime que les policiers ont 
exprimée cesse", a estimé Jean-Marc Bailleul, secrétaire général 
du Syndicat des cadres de la sécurité intérieure-CFDT. 
 
 (Gérard Bon, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • raich2 il y a 7 mois

    Comment peut-on imaginer un seul instant que la police française sous le gouvernement actuel puisse avoir peur des voyous ou "sauvageons". Un voyou est par nature nuisible à la société et pour cela il faudrait le ménager afin qu'il puisse récidiver en toute impunité,et NE PAS ETRE INQUIETE" Ce constat est Lamentable.Je comprends la rage de la police et je les soutiens.