France-Accord a minima sur la revalorisation du prix du lait

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* Accord sur un objectif de 34 centimes le litre * Un point d'étape sera fait en septembre, après réunion de l'UE * Les producteurs disent rester "vigilants" (Ajoute réaction industrie laitière, §§ 8-9) par Gregory Blachier PARIS, 24 juillet (Reuters) - Les éleveurs français ont obtenu vendredi l'accord des autres acteurs de la filière laitière pour faire remonter les prix, ce qui devrait calmer le jeu pour un temps, mais les engagements d'urgence ne règlent qu'en partie un problème européen. Après les éleveurs de porcs et de bovins pour l'abattage, les laitiers, transformateurs et opérateurs de la distribution se sont réunis au ministère de l'Agriculture où un accord a été trouvé sur un objectif de 34 centimes le litre. La cotation moyenne du lait, très volatile, était de près de 390 euros les mille litres (soit 39 centimes le litre) fin 2014 et a chuté à 302 euros environ les mille litres au 15 juillet. A l'issue de la réunion, les présidents de la FNSEA, Xavier Beulin, et de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), Thierry Roquefeuil, ont appelé à la levée des barrages alors que plusieurs laiteries, dans l'Ouest surtout, étaient bloquées dans la matinée de vendredi. "Du fait que la grande distribution a répondu favorablement à nos attentes (...) bien sûr qu'on doit lever les barrages mais on va rester vigilant dans le réseau pour que ces engagements soient tenus", a dit Thierry Roquefeuil à la presse. L'accord permettrait de reverser aux producteurs la totalité d'une hausse de prix qui serait mise en oeuvre par la grande distribution. Une moyenne de 340 euros les mille litres permet selon la FNPL de couvrir les charges, à défaut de plus. Seront concernés le lait de consommation et les produits laitiers destinés aux produit de marques de distributeurs, un précédent accord ayant été trouvé avec les grandes marques. La Fédération nationale de l'industrie laitière souligne de son côté que, l'accord ne portant pas sur tous les produits, il est à ses yeux "impossible à ce jour de garantir un prix d'achat minimum aux 1.000 litres, comme annoncé par certains". Elle confirme cependant que les industriels se sont engagés à ce que les hausses consenties par la grande distribution soient reversés aux producteurs. POINT D'ÉTAPE EN SEPTEMBRE L'accord inclut aussi un engagement à "acheter français", a souligné Stéphane Le Foll. "L'accord qui est passé, c'est de favoriser la production française et on a clairement indiqué que si on valorisait le prix français, chacun s'engageait à ne pas favoriser les importations de lait", a-t-il prévenu. Rendez-vous a été pris à la mi-septembre et le médiateur des relations commerciales, déjà chargé de veiller au respect des engagements pris pour la viande, sera mis à contribution. "Ce point d'étape nous permettra cet été, sans avoir des actions aussi dures qu'aujourd'hui, d'avoir une surveillance au niveau de notre réseau pour que l'objectif de consommer du lait français soit tenu", a dit Thierry Roquefeuil. Cette table ronde était la dernière d'une série de réunions après les manifestations des producteurs de porc, de boeuf et de lait confrontés à l'effondrement des prix et à des problèmes de trésorerie qui ont justifié un plan d'urgence du gouvernement. (voir ID:nL5N102214 ) Des accords ont été scellés dans ces trois filières et un plan d'aide d'urgence aux éleveurs a été détaillé cette semaine mais la filière laitière fait face à une crise d'autant plus aiguë qu'elle souffre d'une surproduction avec la fin des quotas européens et le repli du marché chinois. Un conseil des ministres de l'Agriculture de l'UE se tiendra exceptionnellement le 7 septembre pour évoquer la crise de l'élevage. "L'objectif pour la France est de demander une revalorisation du prix (de référence du lait) à l'échelle européenne", a dit Stéphane Le Foll. Le prix de référence est un plancher dont le franchissement peut entraîner des achats publics pour soulager les producteurs lorsque des excédents font baisser les prix. En France, le ministère de l'Agriculture veut par ailleurs encourager les achats locaux ou nationaux et Stéphane Le Foll a dit attendre beaucoup des collectivités, qui ont promis elles aussi d'acheter français. (voir ID:nL5N1041B1 ) (Edité par Yves Clarisse)

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