France-A Paris, des centaines de militaires en état d'alerte

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* Quelque 600 militaires mobilisés dans le cadre de Vigipirate * Patrouilles étoffées et plus longues, affectation par site par Marine Pennetier PARIS, 8 janvier (Reuters) - "Pour le moment c'est assez calme malgré les évènements", dit le caporal Mathias, qui effectue jeudi une patrouille sous la Tour Eiffel dans le cadre du plan Vigipirate renforcé, au lendemain de l'attentat au siège de Charlie Hebdo qui a fait 12 morts. "On regarde s'il n'y a pas de colis suspect, s'il n'y a pas de désagrément comme des bousculades et des chamailleries, on est là pour gérer la population et les regroupements de population", explique le jeune militaire de 26 ans. "Les consignes c'est : protéger, alerter, faire un périmètre de sécurité, et en cas de colis suspect appeler les forces spécialisées qui viendront déminer." Accompagné dans sa patrouille par sept autres militaires, il fait partie des quelque 600 soldats déployés actuellement à Paris et en Ile-de-France dans les gares, le métro, les aéroports et certains sites touristiques. Le volet militaire du dispositif Vigipirate, qui comptait 450 hommes avant l'attentat de Charlie Hebdo, a été renforcé mercredi soir et porté à 600 soldats. Il devrait atteindre 800 soldats mobilisés d'ici jeudi soir, selon le colonel Benoît Brulon, conseiller du gouverneur militaire de Paris. "L'alerte est réelle, les soldats sont en situation de tension permanente", indique-t-il. "A Paris la tension est effectivement sensible mais le dispositif Vigipirate participe justement à la baisse de cette tension". Au total, 2.500 militaires sont mobilisés chaque jour pour protéger le territoire national, dont 1.000 au titre du plan Vigipirate, selon l'état-major des armées. ARMES CHARGÉES Sur le terrain, le passage au niveau "alerte attentat" de Vigipirate, le plus élevé du dispositif antiterroriste français, se traduit par quelques changements pour les militaires, armés de fusils d'assaut (Famas), de bâtons télescopiques et de bombes lacrymogènes. "Jusqu'à présent, les chargeurs étaient dans leurs étuis, aujourd'hui les chargeurs sont dans les armes, les soldats sont prêts à utiliser leurs armes s'il le fallait", dit le lieutenant-colonel Bernard, qui compte quelque 200 hommes sous ses ordres. Face à la menace, les patrouilles sont passées de trois à huit militaires qui se voient affecter un site précis et qui sont mobilisés de 06h30 à 22h30. "Le terrorisme est tel qu'il se fond dans la masse, malheureusement ce sont des gens normaux donc il y a des fois où ça passera à travers les mailles du filet, c'est ce qu'il s'est passé hier et encore ce matin", souligne le lieutenant-colonel. Pour les militaires, dont certains reviennent de théâtre d'opérations extérieures, comme le Mali, assurer la sécurité en France peut se révéler plus difficile mentalement. Lors des opex (opérations extérieures), "on n'a pas le côté affectif par rapport à une intervention sur le territoire national", indique le lieutenant-colonel. "Le terrain est beaucoup plus restreint et resserré sur Paris, il y a beaucoup plus de population, et le menace est plus diffuse". Pour le caporal Matthias, la tension est un peu plus grande depuis l'attentat de mercredi. "On est un petit peu moins tranquille", dit-il. Le rythme est soutenu, "en ce moment on dort peu (...) après la mission est gratifiante, on rassure la population (...) et les gens sont plus ou moins souriants". A Porte d'Orléans, dans le sud de Paris, une douzaine de fourgons de policiers sont stationnés. "C'est rassurant par rapport à ce qui se passe actuellement", estime Fabrice, un passant. "Moi-même je suis plus vigilant que d'habitude. On a tendance à ne pas faire attention mais là je jette un oeil, je regarde autour de moi." (avec Ingrid Melander, édité par Yves Clarisse)

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