France-A Notre-Dame-des-Landes, la "ZAD" se tient sur ses gardes

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    * Conseils juridiques, formation aux premiers secours 
    * Victoire des partisans du projet d'aéroport contesté 
    * Valls a promis un début des travaux à l'automne 
 
 (Avec réunion des collectivités locales) 
    par Guillaume Frouin 
    NOTRE-DAME-DES-LANDES, 31 août (Reuters) - Rebaptisée "zone 
à défendre" par ses habitants, la "zone d'aménagement différé" 
(ZAD) de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) se prépare à 
riposter à toute tentative d'évacuation de la zone, après la 
victoire des partisans du projet d'aéroport lors de la 
consultation locale du 26 juin. 
    De leur côté, les collectivités locales qui financent le 
projet se sont réunies ce mercredi pour "faire un point sur 
l'avancement" du dossier, deux mois après les résultats "sans 
ambiguïté" de la consultation locale. 
    Les élus ont "redit leur détermination" à obtenir du 
gouvernement un calendrier et une feuille de route "respectueuse 
du vote des citoyens" et "conforme aux annonces d'un démarrage 
des travaux à l'automne", précise un communiqué.  
    Les collectivités locales ont également engagé les 
procédures nécessaires à l'actualisation des études. 
    Le Premier ministre Manuel Valls avait promis avant le 
scrutin un lancement des travaux "à l'automne", en cas de 
victoire du "oui". Les habitants de la Loire-Atlantique 
s'étaient finalement prononcés à 55% en faveur du projet, qui a 
été confié par l'État au groupe Vinci  SGEF.PA  
    Sur le terrain, les opposants au projet organisent la 
résistance. Une première formation "Prêt-e-s pour défendre la 
ZAD ?" va se tenir samedi et dimanche à "La Wardine", un des 
soixante lieux de vie que compte la zone. 
    "On y donnera des conseils juridiques en cas de garde à vue, 
et on fera une formation aux premiers secours en cas de 
blessures", explique un habitant. "Une course d'orientation sera 
aussi organisée pour savoir se déplacer sur la zone sans 
rencontrer de véhicules de gendarmerie." 
    Des conseils pour occuper des "lieux de pouvoir", partout en 
France, seront aussi dispensés pour ceux qui ne pourraient être 
présents sur place le jour venu. Ces formations vont se répéter 
tous les week-ends jusqu'au 8 octobre, date d'une grande journée 
de "mobilisation" contre les expulsions. 
     
    "LABORATOIRE D'EXPÉRIMENTATION SOCIALE" 
    De leur côté, quelque 80 charpentiers venus de France et de 
Belgique s'affairent depuis quelques jours aux "Fosses noires", 
un autre lieu-dit de la ZAD, pour construire un hangar en bois 
de 160 m². Celui-ci servira de "point d'appui pour le 
mouvement", en cas d'évacuation policière. 
    "Même si l'évacuation n'a pas lieu cet automne, tout cela 
nous servira, tôt ou tard", estime l'un des charpentiers.  
    Preuve de la volonté des habitants de s'inscrire dans le 
long terme, un "Point Info" a également été installé.  
    Brochures, cartes et prospectus y attendent les gens de 
passage, pour leur donner des informations "historiques et 
politiques" sur la ZAD, mais aussi les informer sur les 
possibilités d'hébergement ou de restauration. 
    "C'est un peu l'office de tourisme de la ZAD", résume en 
souriant l'un des porteurs du projet, désireux de faire 
découvrir ce "laboratoire d'expérimentation sociale".  
    "Ce lieu est fortement symbolique : ici, on se trouve juste 
à côté de la tour de contrôle du projet d'aéroport. S'il venait 
à disparaître, il serait remplacé par un duty free", dit-il.  
    Faute d'institution policière ou judiciaire pour régler ses 
conflits, la petite société auto-gérée de Notre-Dame-des-Landes 
a également institué récemment un "Cycle des Douze" : chaque 
mois, douze habitants venus de douze "lieux de vie" différents 
sont tirés au sort pour traiter les litiges inhérents à cette 
communauté de 200 personnes, issues de milieux très différents. 
    "Plutôt que de penser en termes de châtiment ou 
d'enfermement, il raisonne en termes de réparation : préparer un 
bon repas pour les personne envers qui on est redevable, ou les 
aider à construire leur cabane", explique un habitant de la ZAD. 
    Une "mise à l'écart temporaire" peut toutefois être 
envisagée "dans des cas d'extrême urgence". 
 
 (Edité par Marine Pennetier et Emmanuel Jarry) 
 

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